CITATION(hwk @ jeudi 07 février 2008 à 10:03)

c'est en développant le fluff de mes gurines que, de fait, je me pose tout un tas de questions...
Dans mes bras, cher ami !
CITATION
Le principe est simple : est-il raisonnable de penser que, dans l'univers mouâr et trô trô belliqueux du 41ème millénaire (tel que le fluff l'entend), il est possible que des entités apparentées à des VM Eldars (plus petits donc que les "people" que sont Yanden et autres) puissent "exister" tout simplement ?
Of course, sir. La taille de la galaxie est le refuge de tous, fluffiquement. Un génocide n'est pas concevable dans l'univers de w40k, il y a toujours des réchappés et les eldars en sont l'une des confirmations basiques.
A partir de cette lapalissade autant marketing que réaliste, coltinons-nous l'ardu.
Je laisse de côté l'actuel débat sur la composition des armées eldars issues des VM, le concept militaire eldar n'étant pour moi qu'un décalque des voies du samouraï, des kami shintoïstes et des moines-guerriers tardifs pour ce qui concerne Ulthwé. Une armée VM, ce sont quelques samouraïs et leur piétaille, pour aller vite.
La base de départ d'un VM est la société eldar d'avant la Chute, dont Comorragh reste la seule illustration qui nous est donnée. Une illustration dégénérée, car anarchique et fonctionnant au droit du poing (l'ex-empire supposant centralisation policée).
On a donc juste les relents d'un système féodal, peut-être de castes, sans confirmation d'un principe dynastique même s'il est fortement sous-entendu par le principat de Iyanden et la révolution des Phénix.
Les VM sont aujourd'hui considérés comme des arches de Noé mais, à l'époque, ils étaient au mieux une flotte marchande, un port orbital ou un ravitailleur/implantateur de colonie. La Toile, en effet, contredit la nécessité de VM (peu de ses pans d'ailleurs leur sont accessibles) et une telle structure mobile, autharcique, n'est qu'un résultat au pire imprévu, au mieux exfiltré (fallait le décider, le financer, le construire et le peupler hors d'une société donc d'un "Etat" en décadence volontaire).
Le VM doit ainsi son origine à une élite commerçante, industrielle et/ou politique, à une émigration clandestine, en tous cas d'opposants. On peut aussi imaginer un gros port de plaisance, une résidence palatiale secondaire, orbitale, à la démesure d'une noblesse eldar dominant la galaxie après avoir "vaincu" les Yngirs.
L'industrie, chez les eldars, réside dans la moelle spectrale. Un VM est une bouture (un bonsaï, là encore pour faire vite), qui oblige à mobiliser une caste rare d'artisans, les chanteurs de moelle desquels tout dépend, la vie comme l'après-vie. Dans le fluff 40k, il n'y a pas de notion d'argent, toutes les civilisations apparaissant kolkhoziennes par survie. Avant la Chute, ce besoin inexistant de survie n'imposait pas ce collectivisme, à moins que tout eldar ne sache chanter la moelle, il fallait un sacré levier pour en mobiliser autant autour du chantier VM (sans disposer du ressort religieux qui suffit pour nos cathédrales).
La politique est aujourd'hui menée par des visionnaires, les prophètes (qui devancent l'inflation, les choc pétroliers, ce qui rend difficile les campagnes électorales basées uniquement sur l'interprétation par chaque prophète de ce qui pourrait arriver. Rien à voir avec chez nous, où c'est beaucoup plus rationnel ;)
Amha, les prophètes doivent beaucoup à Slaanesh qui leur a permis de ravir le pouvoir à la noblesse traditionnelle, laquelle, par nature, ne s'en est jamais remise.
Sur ces bases, on ajoute l'équipage, les émigrants sans doute, la cour peut-être, et on obtient un lourd transport de fuite sensé s'éloigner "rapidement" de l'empire eldar, voire en quelques jours grâce aux couloirs de bus de la Toile, en quelques mois dès que celle-ci est moins carossée. Pour aller où ? Au large de l'impact pour revenir ensuite ? N'avaient-ils pas vu l'ampleur du cataclysme ?
Intervient la Chute, la Toile se brise, les VM prévoyants s'adaptent, désormais à la dérive sur une orbite galactique (si on en comprend bien les cartes impériales recensant leurs positions à travers l'Âge de l'Empereur), d'autres meurent rapidement. Les VM récupèrent les naufragés alentours, leur bonsaï croît pour absorder cette nouvelle population et la culture insulaire des derniers vivants s'organise et s'installe.
Comme chacun sait, la révolution des Phénix intervient après la Chute, instituant une religion guerrière, avec ses temples, sa mobilité interne au mérite et son débri de Kaela Mensha Khaine. La noblesse manque d'y disparaître, avant de l'utiliser ("Exarque, soit heureux, c'est toi que KMK a choisi").
Quasi-éradiquée, la civilisation eldar change le ton de ses campagnes électorales, les nobles se militarisent en armées privées (flottes de "pirates") pour échapper à l'emprise de prophètes ranimant une mythologie dont les buts apparaissent autant isolationnistes que jusqu'au boutistes. L'impréparation collective se lit dans les guerres civiles, les batailles inter-VM, les naufrages bien après la Chute. Ils sont partis avec ce qu'ils fuyaient.
Je passe à nouveau sur la raison pour laquelle les VM ne s'empressent pas de s'appuyer sur les mondes exodites, qui disposent pourtant de la même protection contre Slaanesh (pierre-esprit "planétaire") et ont rappris eux-aussi à s'adapter à un contexte hostile. Préférant une scission technologique et religieuse marquée, le fluff s'arrête ici au tiroir de la caisse enregistreuse. Même si 10 000 ans correspond en gros à 3000 ans pour un eldar, c'est la stagnation sous le prétexte flou d'une stérilité psychologique et d'un sens pathogène de la division.
Bref, tout ça permet toutefois au homefluff de disposer d'un VM de n'importe quelle taille n'importe où dans la galaxie sans contredire ladite stagnation.
Quelques pistes et généralités (mes deux euros) :
Il peut être dirigé par des prophètes ou par des nobles ou par l'habituelle connivence des deux (selon la teinte qu'on veut donner à son QG et à la hiérarchie de son schéma de couleurs), plus difficilement par une dictature militaire (primauté d'un temple Aspect) de part l'impasse de l'exarchie.
A proximité d'un monde exodite ou non, sa démographie est normale (alternance entre 0.7 et 2.1) et, même si dépressifs depuis 10 000 ans, personne n'y pense plus à se suicider. Comme pour les impériaux, le fluff ne laisse guère d'amplitude entre la survie sous la discipline des Voies et l'élan mort-né d'une reconquête impossible, mais le homefluff permet de relier aux relations plus serrées, voire intîmes, avec les Mondes-Chevaliers, les ports francs, les micro-empires non-vassalisés cités dans Epic. En terrain local, un VM même petit est une puissance technologique, commerciale et donc diplomatique, d'arbitrage.
L'Imperium territorial demeurant un gruyère dès qu'on dépasse le Segmentum Solar, il suffit au VM d'être à l'écart des routes marchandes et de leurs points de saut warp transmis de génération en génération par les Navigateurs pour être tranquille. Avec des mondes humains au plus éloignés des quatre QG galactiques de la Flotte, les relations peuvent même alors être de bon voisinage (de l'indifférence au troc), jusqu'à la tutelle éclairée des mon-kheigs (on peut même rejoindre alors les métis demi-eldars de RT et revenir à Tolkien).
A l'inverse, n'importe quel illuminé d'Ecclésiarchie peut appeler à la croisade contre ces aimants à Chaos (dès lors qu'on inscrit son homefluff dans une lecture post-95 où le Chaos n'est plus, pour l'Imperium, un secret à préserver à tous prix) ou contre ces xénos qui ne comprennent pas qu'on est chez nous ici. La riposte eldar peut alors prendre le tournant original d'une occupation militaire, totale ou partielle, d'un monde humain (les VM ayant peu de moyens génocidaires ; manipuler occupe).
Dans l'hypothèse d'un monde space marine proche, s'il l'est resté conclut à un statut quo (chapitre pragmatique, de Pater Fides ou en déréliction) pouvant inclure des alliances temporaires voire un respect mutuel (entre isolés surhumains, on se comprend parfois, tout dépend du chapelain), si le chapitre et le VM se mettent régulièrement des coups, c'est un chapitre puritain standard (VM et chapitre sont donc en pénurie constante d'hommes, de matériel et de bon sens). L'Inquisition apporte des passerelles tempérantes à de telles bases homefluffiques.
Les orks aiment moins les eldars que les zumains (a priori parce que l'arbalète shuriken ne fait pas assez de bruit), c'est donc tranquille aussi de ce côté-là, à moins d'un spacehulk épisodique ou d'un monde-jardin infecté.
Restreindre les liens avec les Arlequins prévient des raids eldars noirs et préserve le confort îlien, mais interdit la Toile locale. Les rechercher permet d'associer des troupes "people" et de verser sa contributon à la Fondation Eldard Ulthran.
En néofluff, les relations eldars-tau ne peuvent amha tourner qu'au refus atavique mutuel.
ie, quelques gouttes éventuelles, donc, à l'eau de ton moulin (qui reste la meilleure).
PS : la carte vient, de mémoire, du supplément consacré à la 13ème Croisade Noire d'Abaddon.