Voila un petit texte de mon cru pour continuer la lancée des textes sur les nécrons qui fourmillent ses derniers temps. Bonne lecture et désolé pour mé fôte sien na.
La mort et l'oubli.... deux conceptions étranges et pourtant particulièrement familières à ses yeux. Ils étaient ses seuls frères dans cette énorme salle aux voûtes et aux colonnes énormes qui s'élevaient vers la surface, dans l'obscurité qui était son quotidien depuis des millénaires. Seulement, c’était maintenant qu’on le tirait de son sommeil. Son regard dériva lentement vers ses serviteurs encagés dans les catacombes à jamais, silencieux et figés dans la lente transe qu'ils avaient adoptée depuis que le monde était monde, du moins c'est ce qu'il se souvenait.
C'est alors que ceci le frappa, s'éveillant dans son esprit en miettes telle la dernière lueur d'une bougie avant qu'elle ne soit soufflée par l'oubli d'un passé révolu. Il focalisa le reste de ce qui restait de sa mémoire pour s'engouffrer dans cette brèche. Il se revit alors, sous le soleil maudit qui avait couvé sa race jusqu'à son éradication. Il se voyait de nouveau parmis les vivants de chair et de conscience. Spectateur impotent du souvenir qui faisait surface. Il était parmi ceux, qui, jadis, avaient partagés les joies et les peines de son monde ébranlé par la haine et la mortalité. Il avait une image étonnamment nette de ses frères, agenouillés devant Eux. Oui, Eux… Leur venu devait être le prélude funeste de l’écroulement de l’empire de leurs immortels ennemis. Ils étaient enfin entré en communion avec les Dieux et ceux-ci allaient maintenant prendre soin de leur fidèle…
Alors qu’un voile d’obscurité voilait les dernières traces de cette image, il se projeta vers les ultimes souvenirs de son être. Tout était en miettes, tout était en désordre… un restant de sentiment semblable à de la curiosité le poussa à un modeste effort de concentration, qui lui permit de se remémorer ce qui avait suivi leur arrivée à Eux. Il se souvint de la population, séparée en deux par le choix que lui offrait ses Dieux. Dans quel camp était-il déjà? Tout cela semblait si loin… il se souvint ou croyait se souvenir que les Dieux avaient du mal à s’entendre sur la répartition des fidèles et certains se battaient. Les fidèles restaient dans l’attente, devant un panthéon plongé dans la violence et les intrigues. Cela dura un temps lui sembla-t-il… oui, jadis le temps avait un sens.
Oui, ils étaient parmis ceux à s’être refusé à fusionner avec l’éternité et restaient indécis face au choix qu’ils devaient faire. Il revit quelqu'un... une ‘’elle’’ manifestement... il ne se souvenait pas de la discussions qu'il avait tenu avec elle, ni de son nom, seulement d'un vague sentiment qui l'avait étreint comme l'étreignaient aujourd’hui la mort et la servitude. Il se souvint avoir regardé les cieux, rougeoyant sous la fureur du soleil, et avoir vu le ciel se déchirer alors que descendait les deux entités qui se disputaient leur ferveur; une excuse, sans doute, puisque aucun des dieux ne se battaient pour l’adoration des moucherons insignifiants qui s’agenouillaient devant eux. Il ne se souvenait pas s’il avait tenu la conversation avec elle avant ou après cette bataille... Le premiers des deux dieux des étoiles était Karz-Ahveiry, une entité parmi les toutes dernières à s’être matérialisé auprès des Nécrontyrs, mais avec un appétit insatiable, tout particulièrement pour les âmes de ses servants les plus dévoués. Le deuxième était Mazakaleg, un dieu des étoiles qui avait déjà, de par le passé, provoqué plusieurs déicides au sein du panthéon et avait dévoré plusieurs C’Tan. Certains murmuraient qu’il était… qu’était-il donc? Fou? Ça devait être cela, fou. Mais était-il fou au moment de ce souvenir? Peu importe, cela ne valait pas la peine de se concentrer pour ceci.
La brume continuaient lentement de gruger son esprit et bientôt ce souvenir retournerait au néant. Immobile, perdu dans les souvenirs d’un temps qui n’était plus le sien, il se vit courir pour se mettre à l’abri alors que des forces phénoménales s’affrontaient et détruisait tout ce qui avait le malheur de se trouver à proximité. Il se souvint d’un rayon incandescent l’ayant frôlé et défiguré. Il se souvint qu’il y avait un sentiment très fort qui avait suivi… qu’était-ce? Ce n’étais pas agréable, de ce qu’il en savait… Peu importe, il ne devait pas s’attarder et focaliser les fragments de son esprit sur la suite avant que tout ne soit perdu. Il se souvint vaguement que les deux Dieux des Étoiles déchaînèrent toute leur puissance dans cette batailles, insouciant des dévots occis par leurs pouvoirs. Il revit Mazakaleg tordre la réalité et en faire son jouet alors que son ennemi tentait de fuir. Il vit alors Karz-Ahveiry se contracter sur-lui même et se désarticuler comme un pantin sous le regard impassible de Mazakaleg alors que ce dernier anéantissait sa proie. Finalement le pantin fut brisé, et alors qu’il retombait lourdement vers le sol, il se fragmenta et explosa, faisant voler les tessons de son Nécroderme aux alentours, fauchant les Nécrontyrs qui avaient assisté à la confrontation. Il se souvînt qu’il fut lui-même atteint.
Le reste de sa mémoire ne lui décrit qu’il avait supplié Mazakaleg pour sa vie, qu’il avait maudit la chair faible dont il était fait et qu’il souhaitait rejoindre les rangs des machines Nécron. Alors que les dernières traces de sa mémoire disparaissaient en lambeaux, il eut une dernière image qui s’afficha dans son esprit. Il revit le visage Mazakaleg, souriant et traversé d’un tic.
Il savait désormais pourquoi on l’avait choisi pour éveiller les Nécrons et pour qui il devait le faire, ultime certitude de cette esprit dévoué et brisé. Alors que le reste de son esprit avait sombré dans le néant, la certitude de connaître le but de sa mission profonde illuminait l’obscurité de son être tel un phare par une nuit sans lune. Ce sentiment, cependant, fut balayé telle la flamme d’une bougie, soufflée par ses deux frères qui avaient avait veillé au chevet de son tombeau. Désormais ne restait que la servitude et uniquement la servitude. Le Seigneur Nécron se leva et, lentement, ranima les Nécrons du tombeau. Il devait préparer l’arrivé de son maître assoupi. Il le sentait, profondément en lui, que son maître allait revenir.
Oui, bientôt viendrait l’Imprévisible.