Entendons-nous bien : quand j'écris « meilleure manière », il faut en fait comprendre « ma manière », issue de ce que j'ai pu apprendre via mon expérience professionnelle dans les milieux de la traduction et de l'édition, ainsi que de choses picorées à droite à gauche dans des ouvrages spécialisés ou sur divers sites internet. Et je ne me fais pas trop d'illusions non plus : je me doute bien que le jour où les gens suivront ces conseils à la lettre, notamment ceux concernant les éléments typographiques, Staline et Béria seront revenus sur Terre pour nous annoncer le début de l'ère millénaire du Vrai Communisme. Autant dire que c'est pas pour tout de suite.
Texte mis à jour le 12 / 2007 : merci à tous les camarades ayant apporté leurs suggestions, signalé des erreurs ou tout simplement exprimé leurs encouragements : Josef Vissarionovitch et Lavrenti Pavlovitch ont fait quelques pas de plus dans notre direction
I. Des correcteurs orthographiques et des dictionnaires
Tout récit publié dans cette section devrait, non, doit passer par un correcteur orthographique. Si vous utilisez un logiciel de traitement de texte, le mieux est d'activer l'option de vérification de l'orthographe au cours de la frappe : les mots mal orthographiés seront immédiatement soulignés en rouge.
Si Microsoft Word n'est pas installé sur votre ordinateur, vous pouvez télécharger la suite bureautique OpenOffice.org (alias OOo), incluant le logiciel de traitement de texte Writer. Par exemple à cette adresse :
>> http://www.clubic.com/telecharger-fiche106...office-org.html <<
À noter qu'aucun dictionnaire n'est installé par défaut. Il vous faudra aller dans Fichier > Assistants > Installer de nouveaux dictionnaires, puis suivre les instructions.
Si vous n'avez pas la possibilité ou l'envie d'installer un logiciel de traitement de texte, vous pouvez faire appel à un correcteur en ligne, par exemple :
>> http://bonpatron.com/ <<
(NB : si vous avez d'autres sites du genre, n'hésitez pas à filer l'adresse)
Certains navigateurs comme Firefox vous permettent également d'installer des dictionnaires intégrés :
>> https://addons.mozilla.org/fr/firefox/browse/type:3 <<
(NB : si vous conaissez d'autres navigateurs proposant cette fonction, filez un nom et un lien, merci :o)
Les correcteurs d'orthographe et de grammaire, c'est bien beau, mais ce n'est pas eux qui vont vous apprendre à écrire. Un correcteur d'orthographe propose souvent plusieurs variantes de correction, et ne vous épargne pas les erreurs d'homonymie. Un correcteur de grammaire ne fait que vous indiquer certains passages à vérifier, à vous ensuite de connecter vos neurones pour savoir qu'est-ce qui s'accorde avec quoi, par où et dans quelles circonstances.
C'est pourquoi il est nécessaire d'utiliser, comme outil d'appoint, des dictionnaires, conjugueurs et manuels de grammaire en ligne. Déjà, il y a ceux recommandés par la rubrique « L'orthographe et liste des Abréviations, lexiques et aides en ligne ». De mon côté, je me permets de vous conseiller les sites suivants :
Dictionnaires
>> http://www.mediadico.com/ <<
Son avantage est de fournir des définitions brèves, claires et allant à l'essentiel, mais également de répertorier les différents pièges et difficultés orthographiques liés à un mot donné. Inclut également un conjugueur et un dictionnaire bilingue français-anglais.
>> http://atilf.atilf.fr/ <<
Un dictionnaire tout ce qu'il y a de plus sérieux et complet.
Manuels de grammaire
>> http://grammaire.reverso.net/ <<
>> http://www.langue-fr.net/index.htm <<
>> http://www.etudes-litteraires.com/ <<
II. De la relecture
Bon, pardon, ça a l'air tout con comme ça, mais : il faut se relire.
Deux fois, voire trois.
– au cours de la frappe, entre chaque paragraphe ou série de répliques,
– après la frappe, une fois le texte terminé,
– une troisième fois pour les plus courageux, en sens inverse : on lit la dernière phrase, puis l'avant-dernière, and so on. On peut même aller plus loin : prendre le dernier bout de la dernière phrase, et remonter, petit bouts par petits bouts :
« C'est mon voeu d'hospitalière, à la mémoire de nos frères dont les sanglots si longs ont fait couler l'acide. »
=>
« C'est mon voeu d'hospitalière, à la mémoire de nos frères dont les sanglots si longs ont fait couler l'acide. »
=>
« C'est mon voeu d'hospitalière, à la mémoire de nos frères dont les sanglots si longs ont fait couler l'acide. »
=>
« C'est mon voeu d'hospitalière, à la mémoire de nos frères dont les sanglots si longs ont fait couler l'acide. »
=>
« C'est mon voeu d'hospitalière, à la mémoire de nos frères dont les sanglots si longs ont fait couler l'acide. »
Et ainsi de suite jusqu'à en avoir marre. Je ne sais pas si mon découpage en « syntagmes » est très rigoureux (sûrement non, en fait), mais l'idée est en fait de prendre les mots « qui vont ensemble » (article + nom + adjectif ; auxiliaire + verbe + adverbe). Le but du jeu est de s'abstraire plus ou moins du fil du récit pour se concentrer sur les accords/ conjugaisons/ mots manquants et autres. Ça peut être particulièrement utile quand on relit un texte qu'on a écrit soi-même ou lu de nombreuses fois, on sait comment ça finit et on a souvent tendance à zapper des mots ou des bouts de phrase parce qu'on les a en mémoire.
III. De la typographie
Ce qui suit relève en grande partie d'actes sexuels par voies non naturelles sur des insectes de l'ordre des diptères (de l'enculage de mouches, quoi). Ce sont en fait surtout des considérations d'ordre esthétique. Une majuscule accentuée, c'est bô. Un guillemet français, c'est bô. Un tiret demi-cadratin, c'est bô. Et quand c'est bô, c'est plus agréable à lire. À vous de voir si l'effort vaut la peine ou pas.
A. Des espaces et de la ponctuation
Il s'agit là d'une grossière simplification des règles typographiques réelles, car un forum ne permet pas de faire une espace insécable, et pour ce qui est des espaces fines, vous pouvez oublier à moins d'utiliser un vrai logiciel de PAO genre Quark Xpress. Donc, les règles simplifiées :
– les signes de ponctuation « simples » ou « bas » (virgule, point, points de suspension) : pas d'espace avant, une espace après.
– les signes de ponctuation « doubles » ou « hauts » (point d'interrogation, point d'exclamation, point-virgule, deux points, guillemets français) : une espace avant et après.
– les signes de ponctuation qui s'emploient par paires (parenthèses, crochets, accolades, guillemets anglais) : une espace avant, pas d'espace après pour le signe ouvrant ; pas d'espace avant, une espace après pour le signe fermant.
– on peut choisir de ne pas mettre d'espace aux endroits où il devrait y avoir une espace fine et/ou insécable (avant un point d'interrogation, exclamation, point-virgule, deux points, guillemets fermants ; après des guillemets fermants), pour éviter que le signe de ponctation ne se retrouve au début de la ligne suivante.
– parfois, si les points de suspension sont en début de ligne, on ne met pas d'epace après.
B. Des guillemets, des tirets et de la mise en forme des dialogues
En gros, il existe deux variantes principales pour la mise en forme des dialogues
Avec des guillemets. Tout passage au discours direct est entre guillemets, les incises narratives sont placées à l'extérieur des guillemets. Par exemple :
Les membres de l'escouade vérifièrent une dernière fois leur équipement, puis attendirent les ordres du sergent-instructeur.
« En avant ! » brailla celui-ci d'une voix ferme et résolue. « Et qu'ça saute ! »
« À vos ordres, sergent ! » répondirent les scouts.
Les jeunes apprentis et leur mentor s'enfoncèrent alors dans les profondeurs de la jungle...
Avec des tirets. Par exemple :
Les membres de l'escouade vérifièrent une dernière fois leur équipement, puis attendirent les ordres du sergent-instructeur.
— En avant ! brailla celui-ci d'une voix ferme et résolue. Et qu'ça saute !
— À vos ordres, sergent ! répondirent les scouts.
Les jeunes apprentis et leur mentor s'enfoncèrent alors dans les profondeurs de la jungle...
Cet aspect de la typographie est l'un des moins « normés », on peut utiliser différentes variantes hybrides, par exemple avec une première réplique introduite par des guillemets, et les autres introduites par des tirets. Style :
Les membres de l'escouade vérifièrent une dernière fois leur équipement, puis attendirent les ordres du sergent-instructeur.
« En avant ! brailla celui-ci d'une voix ferme et résolue. Et qu'ça saute !
— À vos ordres, sergent ! répondirent les scouts. »
Les jeunes apprentis et leur mentor s'enfoncèrent alors dans les profondeurs de la jungle...
C. Des apostrophes
En principe, le parfait petit typographe n'utilisera pas l'apostrophe par défaut de la touche 4 du clavier « ' », mais une vraie apostrophe « ’ ». Mon avis tout personnel sur la question : autant avec une police à empattements, une vraie apostrophe, c'est joli, autant avec une police « sans serif » (comme celle utilisée par défaut par le forum), c'est bouh-caca-moche.
D. Des majuscules accentuées et autres caractères spéciaux
Avec un clavier Azerty standard, vous pouvez fabriquer sans peine la majorité des majuscules à signes diacritiques usuelles : À, È (Alt Gr + 7 puis A ou E), Ê, Â, Î.
Reste à apprendre quatre combinaisons toutes simples pour faire le c cédille majuscule, le e accent aigu majuscule, et l'e dans o majuscule/minuscule :
Ç => Alt+0199
É => Alt+0201
œ => Alt+0156
Œ => Alt+0140
Si vous voulez faire de jolis tirets cadratins ou demi-cadratins, encore deux petites combinaisons :
– => Alt+0150
— => Alt+0151
Le caractère qu'on utilise généralement en lieu et place du tiret (celui sur la touche 6 de votre clavier Azerty) est en fait un trait d'union (pour les mots composés du genre « brise-burnes »).
J'en entends déjà certains protester « oué mais faire Alt+truc à chaque fois qu'on vaut faire un vrai tiret, c'est fatigant, ouin ». L'astuce (dont je me sers quand il faut taper un texte long), c'est de replacer temporairement le tiret demi-cadratin par un double trait d'union « -- » et le tiret cadratin par un triple trait d'union « --- », puis, une fois que le texte est fini, de faire un rechercher/remplacer sur l'ensemble du document.
Notons au passage que les tirets demi-cadratin et cadratin sont largement interchangeables. Personnellement, j'utilise le cadratin pour les répliques, et le demi-cadratin pour les incises et les énumérations.
Les logiciels de traitement de texte type Word ont généralement une fonction de correction automatique qui remplace automatiquement les guillemets de la touche 3 par de vrais et beaux guillemets français. Toutefois, si vous voulez vous la raconter, comme votre fidèle serviteur, à en caser partout sans passer par Word, quatre combinaisons de la muerte :
« => Alt+0171
» => Alt+0187
“ => Alt+0147
” => Alt+0148
Si vous avez la flemme, vous pouvez utiliser une astuce semblalbe à celle des tirets, par exemple un double guillemet « "" » pour le guillemet ouvrant, et un guillemet simple « " » pour le guillemet fermant, puis hop, rechercher/remplacer et c'est in ze pocket.
Avant que j'oublie, une autre combo utile :
… => Alt+0133
E. De l'italique
La règle générale, pour un texte affiché sur un écran d'ordinateur, est d'éviter l'italique autant que possible. Mais il reste quand même de mise dans certains cas :
– quand vous exprimez au « discours direct » les pensées d'un personnageMitch le vaillant scout vida le chargeur de son pistolet mitrailleur sans réussir à toucher ne serait-ce qu'une seule des cibles, situées pourtant à moins de vingt mètres de lui. Mais quel boulet... pensa le sergent-instructeur.
– quand vous donnez le nom d'un bâtiment ou un terme étrangerLa vie à bord du Kosmik Stompa était décidément complètement trop fun.Attention cependant à ne pas en faire trop. Si le nom de bâtiment ou le terme étranger reviennent trop souvent dans le texte, une pratique raisonnable consiste à mettre le terme en italique lors de sa première occurrence, puis en caractères romains (i.e. non inclinés) par la suite.
– quand le narrateur retranscrit ce qui apparaît sur un écran d'ordinateur, une pancarte, ou tout autre display. On peut utiliser des guillemets à la place ou combiner guillemets et italique, au choix
– quand on veut insister sur un mot
F. Des majuscules
Généralement, on écrit les mots entièrement en majuscules dans les cas suivants :
– titre d'une oeuvre : JE TOUCHE LE FOND (UNE NOUVELLE TROP CONNE)
– quand un personnage crie, hurle, gueule, etc : « Le seul souci avec le sergent-instructeur Josephius, c'est qu'à force de gueuler, il était devenu un peu dur d'oreille — VOUDRIEZ-VOUS UN AUTRE SUCRE DANS VOTRE THÉ, TRÈS CHER CHAPELAIN-EXTERMINATEUR ? »
– quand un personnage ou le narrateur veulent insister sur un mot : « La vie à bord du Kosmik Stompa n'est PAS fun parce que le propriétaire n'est PAS cool. »
Dans mon code tout personnel, je réserve les majuscules aux grandes occasion, c-à-d les acronymes. Pour le mec qui hurle, je préfère le point d'exclamation (c'est pour ça que mon exemple est un peu tordu), ou une précision via la narration (généralement les deux à la fois, en fait).
Quand il faut insister sur un mot, j'utilise les astérisques (j'y reviendrai plus tard).
Pour ce qui est des majuscules en début de mot :
– nom propre, tout ça ;
– après un point, un point d'exclamation, un point d'interrogation, sauf si :– incise narrative : « Agnagneuh ! s'écria le zombie »
– énumération ou autre tournure qui fait que qu'un point d'interrogation/exclamation coupe la phrase à la manière d'une virgule : « Que voulez-vous ? De l'argent ? des vivres ? de la nourriture ? »
Pas de majuscule après :
– un point-virgule, deux points, une virgule, parenthèses, etc, sauf si ils/elles introduisent une nouvelle phrase par le biais d'une citation (on aura donc le bon ton de rajouter les guillemets qui vont avec) : « Il me tint à peu près ces propos : « Vous êtes un cuistre, mon bon Lefuneste ! » Outragé que je fus. »
Pour les points de suspension, ça dépend s'ils interrompent la phrase ou s'ils marquent des pauses.
G. De la typographie propre à internet
À l'époque où les mails/posts en html n'existaient pas ou étaient du luxe, on avait inventé le code suivant :
– /italique/
– _souligné_
– *gras*
Des trois, seules les astériques ont tant bien que mal survécu, même si les gens ont de plus en plus tendance à les confondre avec des parenthèses ou des guillemets.
Le premier qui met un smiley dans le récit sans bonne raison se prend un coup de « Le Bon Usage » sur la tête.
H. Des combos de ponctuation (ou de la ponctuation ludique)
Attention, c'est des maths troll (règles avancées). Comprendre : l'ordre de l'addition compte.
[ ... + ? ] , [ ... + ! ]La phrase a une tournure exclamative/interrogative, mais l'auteur s'arrête brusquement/ est interrompu/ bâillonné/ assommé. Si je vous dis, en sommes, « faites comme vous voulez », c'est pour rappeler le principe premier de l'excellent article « Petit guide typographique à l'usage de l'internet » : suivez quelques règles de base, et pour les points les les plus obscurs/ discutables/ touchant au domaine de la licence typographique, contentez-vous d'être cohérent avec vous-même. Attention : si dans le domaine de l' « article de presse » – qui est un peu le cœur de cible de ce précieux précis made in Uzine –, « être cohérent avec soi-même » veut surtout dire « faire partout la même chose », les fanboys de l'écriture ont le luxe de pouvoir jouer sur le truc. Par exemple adapter l'une solutions possibles en fonction de l'intonation que l'on veut donner à un passage en discours direct :
=>
[ ?.. ] , [ !.. ]
ou [ ... ]
ou [ ! ] , [ ? ]
ou [ ... ? ] , [ ... ! ]
(ah je vous aide pas, hein ^^)
– le personnage n'achève pas sa phrase parce qu'il est terrifié ou très surpris –> ? ou !
– le personnage n'achève pas sa phrase par lassitude ou résignation –> ...
– le personnage n'achève pas sa phrase parce qu'il se prend un coup de gourdin sur la caboche –> ?.. ou !..
– le personnage n'achève pas sa phrase parce qu'il la fait un geste la complétant –> ... ! ou ... ?
[ ? + ... ] , [ ! + ... ]
=>
[ ? ... ] , [ ! ... ]
La phrase est achevée, mais ensuite le personnage ou le narrateur marquent une pause.
[ n * ? ] ou [ ? * n ] , [ n * ! ] ou [ ! * n ] , (l'ordre des multiplications ne compte pas)
=>
[???] , [ !!! ]
Le personnage est 'achement surpris/ pas content.
[ ? + ! ] , [ ! + ? ] , [ ? + !!! ] ou [ !!! + ? ] , [ ??? + ! ] ou [ ! + ??? ] , (parfois, l'ordre des additions ne compte pas non plus)
=>
[ ?! ] , [ ?! ] , [ !?! ] , [ ?!? ]
Le personnage s'exclame tout en étant étonné. À vous de voir si l'interrogation prime sur l'exclamation.
[ ? / ! ] , [ ... - § ] , [ ? * : ] , [ etc ]
=>
[ !?? ] , [ .§. ] , [ !!! ]
...amusez-vous à les inventer et, surtout, à leur donner un sens.
Voilà, je vais m'arrêter là pour aujourd'hui. J'ai probablement oublié des trucs, mais je pense que ce que vous avez sous les yeux est déjà un bon départ. N'hésitez pas à critiquer/commenter/rajouter des trucs/rectifier des conneries monumentales/signaler des fautes de frappe.
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