CITATION(barbu @ mardi 27 novembre 2007 à 20:07)

Je lisais l'autre jour un truc sur les reds corsairs, qui ma fait me poser une question. Comment font les SM loyaliste aujourd'hui pour rejoindre le chaos. Qu'est ce qui les y poussent, et techniquement, comment ils font?
Ce qui est amusant, dans ta question, ce sont les pré-requis induits : faire le mort ? Parce que les marines gagnent tout le temps ?
a) La voix dans la tête : oui, évidemment. Les space marines vivent dans un univers matériel en constante interaction avec le Warp. N'importe quelle entité warpienne peut entrer en communication avec l'âme d'un marine. Faut cependant qu'elle soit psychologue pour le pervertir, en avoir le but ; ça réduit, donc.
Le statu-quo de 40k fonde cependant comme permanente la pression "psychopsychique" sur les humains, une corruption de sape, faisant appel aux atavismes de l'Humanité. C'est le cercle "vertueux" du chaos : les émotions engendrent les dieux qui se nourrissent d'émotions : éternel lien.
La sape permanente, endogène, a entrainé sa batterie de contre-mesure : Culte de l'Empereur, Cultes des chapitres, rituels obsédants des forteresses-monastères (durant lesquels le marine n'a théoriquement pas le temps de penser à/écouter dans sa tête autre chose).
Ces contres-mesures ne suffisent jamais, car elles portent en elles leur négation : mensonges d'Etat, incohérences mythologiques (du chapitre, de l'Imperium), absence de réponses (lorsque la sauvegarde de l'Empereur s'applique injustement : Guilliman face aux civils sacrifiés d'Armageddon), suffisance de l'hypothèse : un bourrin est plus contrôlable... (il l'est, hélas).
Un humain prend touijours le temps de penser, de rêver, et donc de mesurer son importance individuelle. Ce temps augmente avec la progression hiérarchique (qui est un paradoxe, chez les marines, lesquels ont toujours été pensés pour être commandés par une élite dissemblable : les Primarques).
b) la dépendance. La définition d'un marine est d'être dépendant. Un marine ne se lève pas le matin en disant : je vais gagner ma journée. Il doit sa journée. Un marine est redevable depuis son incorporation : nourriture, équipement, explication du monde, façon dont il doit vivre, sens de sa vie. Tout lui est fourni. Un marine est un terminal passif. L'important est qu'il soit connecté, pas le contenu de la connexion, ni surtout les vertèbres éthiques de ce contenu (par ailleurs réduites au strict minimum dans les forteresses-monastères : le Bolter, l'Escouade, le Primarque et l'Empereur. Le citoyen lambda a ici l'importance d'un alien ou d'un brin d'herbe).
c) la défaite. Les marines perdent des batailles, sont vaincus, isolés, faits prisonniers. Certains résistent (à commoragh, par exemple), d'autres moins (dans le Maëlstrom).
Question d'adaptabilité individuelle à un nouveau groupe, un nouveau contexte. Les marines oganisent-ils des missions de secours lorsqu'un de leurs contingents s'est pris une branlée ? Fluffiquement, ils n'en ont pas le temps. Pertes et profit, donc ; assassins impériaux, dans le meilleur des cas.
d) rallier le Chaos. Un marine en armure est tout sauf discret. Un marine sans armure n'est plus un marine.
Ceux qui rallient le Chaos le font soit :
- en unités, parce que l'univers 40k a des limites favorisant cela : pas de presse galactique (informations réduites au contexte de proximité : menu des rations, pluie, la Forteresse est loin,), donc aucun sens critique des "militaires" (pouvant se rattacher à des causes plus grandes : "défendons les brins d'herbe", ou "tuons, oui, mais tuons bien"), donc pouvoir du chef orateur ("inopinément élevé, je ne suis pas comme vous, et vous allez m'aider à le rester, tous"). Dans le microcosme Astartes, tout se réduit souvent à l'orientation du bolter.
- individuellement, à l'occasion d'échange de prisonniers, de détournement d'un caboteur impérial, d'une vente par une mafia... Etre un ange isolé, perdu au milieu des mortels, parlant pas la langue, dans un monde finalement inconnu, est un choc psychologique qui peut faire pin-pon dans le Warp auprès d'un démon en maraude.
e) la déception. La guerre est sans fin. Etre un animal d'escouade, mais voir ses frères mourir. Sentir dans son corps les séquelles de souvenirs interdits, effacés. La résistance d'un marine a ses limites. Un jour, tout le monde craque. Le collectif permet de tenir, mais regardez : des space wolves ont survécu ainsi, seuls, une poignée, et en sont ressortis wulfens. Est-ce cela, la mansuétude de l'Empereur ?
"Je m'appartiens, ainsi débute toute corruption."
Inquisiteur Juan-Erik,
Mémoires d'Imperium