CITATION(Tzeentch @ samedi 05 janvier 2008 à 22:58)

Fin bref, pour resumer, les Eldars on formé leur panthéon et leur mythologies a partir des 1eres épreuves qu'a subi leur race, et ces 1eres épreuves ce fut le guerre contre les C'tan, pas étonnant qu'on trouve des ressemblance entre dieux eldars et C'tan, sans pour autant que ce soit la meme chose
Excellent résumé, le seul d'aileurs dans ce thread de novices.
J'amenderais cependant sa première conclusion (la seconde est drôle, mais les concepteurs de jeu lisent malgré tout plus que nous, ce qui leur donne toujours un temps d'avance sur la théorisation forumienne).
La particularité du fluff 40k est d'extrapoler les fondements syncrétistes de l'Humanité. Autrement dit, la création d'un panthéon, étape d'éveil liée à toute civilisation humaine, trouve dans 40k sa matérialisation via le Warp.
La relation est donc toujours unilatérale, la matière est source du warpien.
Le background demeurant anthropocentriste (tous les aliens sont des caricatures d'émotions humaines), les dieux apportent une clé de lecture globale au lecteur contemporain, une lecture humaine, discernable.
J'illustre : dans la relation Yngirs/dieux eldars, on peut en rester à l'excellent résumé de Tzeentch : du souvenir des Yngirs furent "pensés" les dieux eldars, de la même façon que les égytiens antiques ont "créés" Sobek à partir des crocodiles qui leur bouffaient les jambes sur les rives du Nil. Sobek n'avait cependant rien à voir avec les crocodiles (sinon d'avoir retardé leur transformation en sac à main, l'animal étant devenu sacré). Cette introduction par le fluff classique au récit de la Guerre des Yngirs, d'esprit RT en somme, est post-taranaise (ie, elle accepte que les références aux C'tans puissent être multiformes, culturelles, chronologiquement mouvantes) sans vouer le joueur à un baroud désespéré, perdu d'avance (contre-commercial, quoi).
Mais (il y a toujours un mais dans 40k), les eldars des Vaisseaux-Mondes ont un trait religieux spécifique qu'est l'Avatar de Khaine : du métal vivant, animé temporairement par l'âme d'un sacrifié.
Cette technologie est exogène à la civilisation eldar, dont toute l'industrie est basée sur la moelle spectrale, mais propre aux C'tans (dans leur asservissement des nécrontyrs par exemple).
L'avatar de Khaine, comme la boulimie de bioniques de l'Adeptus Mechanicus, sont alors les signes quotidiens que l'extrapolation religieuse du passé a un fondement matériel, réel, présent, dans les civilisations "autrefois" infectées par les C'tans et, plus généralement, par la Guerre des Yngirs.
A noter alors que la réaction atavique de survie des eldars, survie aux Yngirs, s'est finalement (coûteusement) incarnée dans Slaanesh, "patron" des eldars noirs, immédiatement assiégés/circonscrits par le Dieu Moqueur dans la Toile même.
On place souvent la Chute bien après la victoire contre les C'tans, la décadence étant venue du vide laissé par le triomphe. Les Arlequins chantent cependant combien, acculés à la défaite, les eldars déchaînèrent du Warp les pires tréfonds de leur âmes contre ceux qui les assaillaient (et que les C'tans ne furent "vaincus" que parce qu'ils s'entretuèrent). Conscients que le remède penchait vers les maux qu'il était sensé guérir, s'enfuirent les eldars des Vaisseaux-Mondes.
Rattrapés dans leur fuite par ce même Dieu-Moqueur, qui porte bien son nom, les Vaisseaux-Mondes isolés, écrasés entre deux gouffres, rongés par le remord, furent instrumentalisés à coups de chants et de danses mythiques d'Arlequins (dont le nom et la tenue symbolisent tant le simulacre qu'on l'oublie), se condamnant ainsi à la plus dramatique compromission pour l'évolution psychique que devait être ce peuple : se défendre du Warp, eux qui savaient le dompter, considérer Slaanesh comme l'Ennemi et non comme l'ultime garant de leur survie/victoire. Par les C'tans, les eldars furent ainsi neutralisés.
Leur roue de secours, l'Empereur, connut un bref avènement. Il reprit à son compte l'enjeu d'une race psychique (dernière étape des Anciens : le vieux rêve dit de l'ork conscient), entraînant l'enlèvement de ses souches par le Chaos mais, dès que l'accord Mars-Terra fut signé, l'avenir des impériaux était plié. Par les C'tans, les impériaux furent ainsi neutralisés.
Neutralisés, mais conscients de l'être, au moins pour certains. La réaction atavique de survie des humains, survie au piège Yngir, fut Horus.
L'Hérésie qui porte son nom a le même caractère dramatique que la fuite des Vaisseaux-Mondes devant la Chute, autre exemple de l'ultime révolte des pions. Si la Longue Guerre n'a plus, dans les annales impériales, la signification qu'elle eut d'abord, Horus/Abaddon n'est pas depuis devenu Prince-Démon, n'a pas failli à l'équilibre nécessaire duquel il a déchu l'Empereur (et qu'incarnent les tyranides, pour ceux qui suivent). Ce ne fut pas le cas de la majorité de ses frères d'armes (malgré, entre autres, les efforts d'Ahriman). Le temps ne jouant pas pour lui, Abaddon fait désormais avec ce qu'il a, rappelant régulièrement à l'Humanité, un peu gauchement peut-être, "pourquoi nous combattons".
Ultime étape (en date de parution) de cette lutte éternelle pour qui choisira la fin de tous, les taus. Est-ce un nouveau pion de Tzeentch, Relent des Anciens, ou celui d'un revenant C'tan, la marque de l'oreiller encore sur la joue ?
La réponse réside dans le front des Ethérés, dans cette petite fente de merde, cet oeil de cyclope.
Pour autant, il est en effet sensé de laisser cet apport du néofluff dans ses limites. L'univers de 40k repose désormais sur l'antagonisme de trois dévoreurs : le Chaos (Warp vers univers matériel), les C'tans (Univers matériel vers Warp) et les tyranides qui, parce qu'ils dévorent semblablement Warp et Univers matériel, incarne l'équilibre, le chapitre le plus avancé vers la fin du cycle de l'Univers.
Si les créatures du Warp peuvent sans risque être considérées comme une conséquence du monde matériel, son fameux reflet, C'tans, Anciens et Tyranides multiplient à l'envie le nombre de démiurges préhistoriques, peut-être locaux (associés à une galaxie parmi les milliards d'autres), en tous cas imposant réservoir à fluff.
Les autres composantes du background, les Jeunes Races de la Voie Lactée, ne sont que pions fluffiquement inconscients de cette triade, ramenés à leur mesure, nés pour s'autodétruire, tentant juste chacune un truc, une combo d'Anciens, un trait propre à leur création.
Cette "nouvelle" définition globale du néofluff ne change finalement rien à l'archéo-fluff, elle a juste le mérite d'apporter un autre point de vue, moins impérialocentriste.
PS : Acereth, avant de se vanter, il n'est pas dégueu de compulser les archives, notamment de ce forum.