Xavier
samedi 15 novembre 2003 à 14:22
Le ratling éructa bruyamment, replaça la cigarette entre ses lèvres et entreprit de se gratter longuement les organes génitaux, signe chez lui d'une intense réflexion.
"On est bien dans la merde avec vos conneries com'."
La femme ne répondit pas. Pour l'heure, elle retournait pensivement entre ses doigts la casquette noire sur lequel brillait le petit crâne d'argent, s'arrêtant de temps à autres pour triturer ses cheveux bruns et emmêlés par le vent. Le ratling poursuivait son monologue.
"C'est vraiment un trou cette planète, y a rien à niquer ici ma parole, je vous promet com', je me taperais un grox. Vous vous en foutez vous, y a pas douze heures vous aviez l'engin du colonel jusque là dans – "
"Tu vas la fermer Potbelly ?"
On est dans la merde jusqu'au cou parce que vous êtes une nymphomane finie, la voilà la vérité com'. Il me restait pas six jours à tirer avant la perm' d'un an. Six jours ! Pour un an ! Et là, je serais rentré tirer chez moi mais autre chose, garanti. Je sais même pas s'il y a des ratlings ici."
"Tu me fatigues Potbelly. Oublie ta permission, tu n'es plus soldat. Tu n'étais pas obligé de me suivre. Et arrête de m'appeler com', je ne suis plus commissaire."
"Ah ? Faut que je vous appelle comment ? Je peux vous appeler "ma chatte" comme le colonel ? AILLAILLAILLAILLE – Je retire ce que j'ai dit lâchez mon oreille !"
La femme abandonna sa prise. Le ratling reprit aussitôt.
"Y en a marre de cette habitude de m'attraper les oreilles. Si vous voulez me tripoter des organes, choisissez les mieux que ça – AILLAILLAILLAILLAILLE ! Je me tais ! Je me tais maintenant !"
"Il faut se remettre en marche ou ils nous repéreront."
"Bah. Vous croyez qu'ils vont se fatiguer à nous courir après ? On prend combien pour désertion ?"
"Vous deux ? Vous ne prendrez pas grand chose. On vous enverra dans la légion pénale. Mais ça ne fait pas mal rassure toi. On vous mettra un joli collier de métal autour du cou avec un seringue qui vous injectera du frenzon sur commande. On ne sent rien du tout. Paraît-il. On est heureux d'aller se faire démembrer sur une mine avec ça dans le sang. Mais moi… moi j'aurai droit au régime spécial, au traitement de faveur. Il faudra qu'on puisse raconter aux élèves de la Scholastia ce qui est arrivé au commissaire Leana Leggy pour rébellion et désertion devant l'ennemi. Autant qu'elle serve d'exemple. Je préfère ne pas y penser. Allez, debout Doomy."
Le géant qui était resté silencieusement assis se redressa doucement et ramassé l'énorme paquetage posée dans l'herbe violacée pour le jeter sur ses épaules.
***
"Non seulement cette planète est minable mais en plus elle pue."
Le ratling trottinait aux côtés de l'ogryn. Celui-ci n'aurait sans doute pas vu d'objection à le transporter mais son chargement était déjà suffisamment lourd pour que le ratling n'ose lui en imposer plus. Question de politesse élémentaire.
"Elle chlingue cette merde de planète ! Voilà, il fallait que le dise, je me sens mieux là."
Leggy ne répondait pas, ne pouvant que se demander où le ratling puisait l'énergie nécessaire à un si grand débit de bêtises inutiles ; n'y avait-il donc rien qui puisse stopper cette logorrhée ? Ils ne marchaient que depuis une heure et elle était déjà épuisée. Dans cette région extrêmement polluée, l'air était si vicié et si pauvre en oxygène que tout effort physique était une épreuve. La rare végétation incapable de synthétiser la chlorophylle avait un aspect mutant aux couleurs variant entre le bleuâtre et le violet. Un fin brouillard brun et nauséabond planait sur la plaine déserte.
Doomy peinait lui aussi bien qu'il n'en laissait rien paraître. Sa constitution extraordinaire augmentée de son entraînement de sergent des troupes de choc l'aurait rendu capable de supporter cent fois plus douloureux et fatigant mais dans cette atmosphère irrespirable, il était aussi faible qu'un enfant.
"Hé com' j'ai une quest – "
"Cesse de m'appeler com' !" rugit l'intéressée soudain excédée.
"Ah ouais alors ça y est, c'est sûr, maintenant on est pote ? On se touche le cul et tout ? Bon alors j'ai une question Léa mais si elle est stupide vous êtes pas obligé de répondre hein. On va où ?"
Leggy s'arrêta. Elle avait besoin de reprendre son souffle. Derrière elle, Doomy avait arqué ses jambes et, les mains sur les genoux, se penchait en avant pour soulager ses épaules de la charge du paquetage comme en prenaient l'habitude les vieux soldats quand ils pouvaient profiter de quelques instants de pause.
La femme tendait le doigt vers une masse pyramidale sombre qui se devinait au travers du brouillard brun.
"On va là."
"Et on fera quoi quand on sera là-bas ?"
"Et bien nous tâcherons de nous introduire discrètement dans la ville et…"
Elle s'interrompit en réalisant ce qu'elle venait de dire. Discrètement ? Comment pourrait-elle espérer passer inaperçue dans son accoutrement de cuir serré marqué des insignes de l'armée, flanquée d'un gnome trop bavard et d'un monstre stupide, tous trois armés jusqu'aux dents ?
"On avisera."
***
"C'est vraiment par là que vous voulez rentrer ?"
"Je n'en suis pas sûre mais… je ne crois pas qu'il y ait de meilleure solution."
Le ratling se penchait au dessus du gouffre noir de vingt mètres de diamètre aux rebords de métal rouillé et cabossé qui s'ouvrait dans le sol, tentant d'en évaluer la profondeur. Le fond était invisible.
"C'est un conduit de cheminée qui mène aux niveaux inférieurs de la ruche," expliqua Leggy, "connecté à des recycleurs d'air. Si nous réussissons à passer par là, il n'y aura plus ensuite qu'à trouver un chemin vers les niveaux supérieurs puis un astroport. Il doit bien y en avoir un. Après… le mieux sera de nous séparer je crois. Tu pourras rentrer chez toi Potbelly."
"On se sépare ? Et on abandonne Doomy ? Vous croyez qu'il va se débrouiller tout seul ? Il ne sait rien faire d'autre que se battre. On lui a lavé le cerveau pour en être sûr. Je vous croyais plus réglo."
Leana se mordait la lèvre inférieure.
"On avisera."
"Ouais… on y est pas. Vous voulez qu'on descende là-dedans. Vous êtes une vraie femme vous alors. Avec une putain de paire de miches. Le colonel devait avoir l'impression d'être pédé."
"Pour le moment on se repose. La nuit tombe, inutile d'entreprendre quelque chose maintenant."
***
Jim Doomy ouvrit le paquetage et fouilla à l'intérieur. Les premiers rayons du soleil perçaient péniblement le brouillard de pollution. Assis sur le sol de terre desséchée et rocailleuse, Leana Leggy et Paolo Potbelly l'observaient en silence. L'ex-commissaire le rompit soudain.
"Pourquoi tu m'as suivi Potbelly ? Doomy il ne pose pas de questions. Il ne dit jamais rien de toutes façons. Je lui ai dit de ramasser tout le matériel qu'il pouvait trouver et de me suivre, il l'a fait. Mais toi ?"
"Moi ?"
Le ratling fit la moue.
"Je me suis dit que ça pourrait être intéressant. Avec vous y a toujours une histoire de cul."
Jim avait tiré d'un des sacs une masse et un long piton d'acier qu'il entreprit d'enfoncer entre deux pierres qui émergeaient du sol.
"Pourquoi il ne dit jamais rien ? Il est muet ?"
"Doomy ? Je ne sais pas. Personne ne sait. Techniquement il sait parler. Il est même plutôt intelligent pour un ogryn même si son intelligence a été reprogrammée pour servir toute entière à tuer. Pour ça, c'est un véritable génie. Il parle parfois mais c'est extrêmement rare. Je crois que ça le fatigue. Et en général, il n'en a pas besoin pour se faire comprendre : il grogne et ça suffit."
Le colosse avait terminé son travail. Il s'assura de la solidité de la prise, accrocha un mousqueton à son extrémité et jeta dans le vide du gouffre métallique le rouleau de filin d'acier tressé qui suivait. Enfin, il arrima à sa ceinture le coulisseau de métal qui passait sur le filin, enfila un épais gant de cuir maillé et ouvrit son bras large comme une roue de char en direction de ses deux compagnons. Léana s'approcha de lui et calant sa botte de cuir sur le genou du monstre, grimpa prestement sur son épaule. Potbelly ouvrit des yeux stupéfaits.
"Mais… vous voulez qu'on s'accroche à lui pour la descente ?"
"Doomy est bien le seul mâle dans l'univers avec qui je puisse fermer les yeux quand je suis dans ses bras."
"Ggggzz… Ouah ah ah ! Mec, elle te fait des avances là, vas-y fonce, c'est le bon plan ! Elle est complètement accroc, je te dis, c'est dans la poche ! Ah ah !"
***
Leana ne put contenir un soupir de soulagement quand elle entendit la botte ferrée de l'ogryn toucher le sol. Potbelly avait toujours les yeux fermés, n'ayant, durant toute l'heure qu'avait duré la lente et précautionneuse descente, cessé de prier l'Empereur, lui promettant de faire vœu éternel de chasteté s'il s'en tirait vivant, promesse qu'il oublia instantanément en posant un pied sur le sol.
"Ah ah ! Je le savais ! Je disais justement : si je m'en sors vivant, c'est que j'ai une grosse bitte ! Ah ah ! Merde, il fait noir comme dans un four."
"Et il fait chaud comme dans un four."
"On est peut-être dans un four."
Le ratling reprit soudain son sérieux et tira une petite lampe torche de sa poche.
"Il reste probablement des dizaines de kilomètres à parcourir avant d'arriver à un niveau habité de la ruche."
"Je ne pense pas ; il y a un bruit."
Leggy tendit l'oreille mais dut admettre que ses facultés de perceptions étaient largement inférieures à celle du petit abhumain.
"Je n'entends rien…"
"Un bruit régulier, comme un ronflement. Je dirais le bruit d'un ventilateur."
"En avant."
***
"Bien joué Potbelly. C'est un ventilateur."
Le souffle d'air étant si puissant que même Doomy avait du mal à rester debout alors qu'il étaient à plus de huit cent mètres de la machine monstrueuse dont les pales d'acier tournait à une vitesse folle. Réfugiés derrière la masse de l'ogryn, les deux autres tenaient leur casquette pour les empêcher de s'envoler.
"Et on passe comment ?"
"Que veux-tu que j'en sache ?"
Leggy frappa l'épaule de Doomy et se mit sur la point des pieds pour lui crier à l'oreille, tentant de couvrir le sifflement du vent :
"Faut passer !"
Elle agitait le doigt en direction du ventilateur. L'ogryn acquiesça et reprit sa marche. Soudain déséquilibrée, Leggy tomba au sol, entraînant le ratling dans sa chute qui dut s'agripper précipitamment à sa robe de cuir lisse pour ne pas être emporté par la tornade.
"Qu'est-ce qu'il est allé faire ?" cria-t-il. "Il ne va quand même pas se jeter là-dedans ?"
"Je n'en sais rien !"
Trois détonations très puissantes se firent soudain entendre loin devant eux. Il leur sembla soudain que le déplacement d'air se faisait moins fort. Au bout de quelques minutes, il s'était suffisamment apaisé pour qu'ils puissent se relever et approcher, couvrant la distance qui les séparait de leur compère.
L'ogryn regardait les pales ralentir doucement, son Ripper Gun encore dans sa main. Il y avait trois énormes trous dans la coque du rotor du ventilateur.
"Ah oui, c'est une méthode."
L'espace entre les pales était juste assez large pour qu'ils puissent le traverser. De l'autre côté se trouvait ce qui semblait être un gigantesque terrain vague de sable et de poussière dont émergeait un chaos de poutrelles métalliques tordues et de carcasses de véhicules légers. Pas âme qui vive en vue. Le tout était plongé dans la pénombre, faiblement éclairé seulement, ça et là, par un lointain projecteur blafard et vacillant. Au loin, on devinait ce qui semblait être des blocs d'habitations.
"Toute cette zone de la ruche va être rapidement asphyxiée. Des techniciens vont sûrement venir le réparer mais quand ils vont voir ce carton, ils donneront l'alerte. Il vaut mieux ne pas avoir à donner d'explication."
***
La rue était si sale et empestait à tel point Leggy en était malade. Mais c'était le seul endroit d'où provenait du bruit et de la lumière. En s'approchant, ils purent constater que s'y ouvrait ce qui devait être une sorte d'auberge. L'enseigne annonçait : "Au mutant crevé". De nombreux petits véhicules légers à quatre roues faits d'assemblages de tubes et de tôle en mauvais état ainsi que quelques motos étaient garés devant l'entrée.
"Vous êtes sûre qu'on devrait rentrer là-dedans ?" demanda le ratling.
"C'est un endroit comme un autre pour collecter des informations. Reste avec Doomy si tu as peur."
"Peur ? PEUR ? MOI ? Non, j'ai pas peur. Bon d'accord, Jim, je suis ton ami, reste avec moi."
Leggy poussa la porte et entra, suivie de Potbelly. Doomy dut rentrer les épaule et presque s'agenouiller pour franchir le seuil.
Le silence tomba instantanément sur la pièce.
L'intérieur de l'auberge n'était pas désagréable. Non il était franchement détestable. Toute l'architecture était de poutrelles de métal glacial et rouillé ; le sol, de tôles mal arrangées et boulonnées ou rivetées de manière chaotique. Les tables étaient de simples tubes de métal soudés à des plaques qui avaient été circulaires piquées de rouille. Les sièges étaient de simples billots de fer.
Quarante paires d'yeux étaient braquées sur Leana alors qu'elle approchait doucement du comptoir en prenant l'attitude la plus froide et la plus martiale dont elle était capable. Paolo tira Jim par la manche et l'entraîna vers une table vide où ils s'assirent. L'ogryn offrait un spectacle ridicule, assis sur un billot trop petit devant une table trop basse.
"On va pouvoir s'en griller une," commenta le ratling en tirant une cigarette de sa poche. "J'espère qu'il y a moyen de se procurer des tiges dans leur patelin de merde, j'en ai bientôt plus."
Autour d'eux les conversations reprenaient doucement mais à voix plus basse et de nombreux yeux continuaient à les fixer. Potbelly était mal à l'aise. Du coin de l'œil, il observait Leggy à présent occupée à discuter avec le patron du bar. Il vit un jeune homme à l'aspect avenant vêtu d'un pantalon de toile râpé et d'un veston de cuir trop court l'accoster et entamer la discussion avec elle.
"Regarda ça !" piailla le ratling en tapotant le coude de l'ogryn. "Mais regarde ça ! Je te parie que dans moins de deux minutes, ils montent à l'étage."
Il finissait à peine sa phrase que le jeune homme prenait la direction de l'escalier, suivie de Leggy.
"T'as vu ça ! Elle est pas là depuis deux heures et elle a déjà trouvé le moyen de se faire mettre ! C'est dégueulasse, y en a jamais que pour les mêmes ! Et moi, pendant ce temps, je fais quoi ? Hein ? Je me branle ?"
L'ogryn ne répondit pas. Le patron s'approchait d'eux, une chope remplie d'un liquide étrange et verdâtre dans chaque main. L'une d'entre elle devait bien avoir deux litres de contenance.
"C'est... pour vous je crois. Commandé par la dame. Euh, y a rien à payer."
Il s'éclipsa aussi vite qu'il était apparu visiblement peu désireux de rester à portée de main de l'ogryn.
"J'espère au moins que la picole locale est pas mal."
Le ratling porta la chope à se lèvres et la reposa, une mine de dégoût sur le visage, avant de revenir à son sujet de prédilection.
"Au fait, j'ai pas encore pu te demander Jim. T'es d'où toi ?"
Doomy ne répondit pas. Il buvait à grand bruit, n'appréciant visiblement pas le goût du breuvage mais heureux de pouvoir rafraîchir son gosier desséché. Sans se démonter, Potbelly poursuivait.
"T'avais une copine là-bas ? Un mec comme toi, tu devais en emballer. Surtout monté comme tu dois être. Allez vas-y, on est pote, fais pas le salaud, raconte les détails. Elle était bonne ? T'as essayé la – "
Il s'interrompit en voyant Leggy redescendre l'escalier. Elle était rouge et essoufflée, triturant ses cheveux emmêles alors qu'elle traversait la pièce avec un calme relatif en direction de la porte. Stupéfait, Potbelly la suivit du regard jusqu'au moment où elle ouvrit la porte pour ressortir dans la rue.
"Je… crois qu'on ferait mieux de la suivre."
Les deux abhumains se levèrent. Ils franchissaient le seuil à leur tours quand ils entendirent des cris de colère derrière eux.
"Cours Doomy !"
Ils traversèrent la rue au pas de charge en direction de Leana qui montait à bord d'un des buggies. Malgré les protestations du ratling, Doomy l'attrapa par le col et se mit à courir plus vite pour la rejoindre et sauter à l'arrière de l'engin qui démarra sur les chapeaux de roues, repassant devant la porte de la taverne d'où sortait une foule furieuse et menaçante. Certains hommes étaient armés mais les trois fuyards étaient déjà hors de portée et ils ne purent que contempler le buggy s'enfoncer dans les ténèbres de l'avenue.
"Il faut une clé pour faire démarrer ces engins," expliqua Leggy en désignant du doigt le petit objet de métal fiché dans le tableau de bord. "Je l'avais remarqué tout à l'heure."
"Et vous vous êtes fait tringler juste pour avoir cette clé ? Mais en plus d'être une nymphomane, vous êtes une pute !"
"Je ne me suis pas fait tringler, imbécile !"
"Ah ouais ? et le type vous l'a donnée gracieusement ? Sans rien dire ?"
"Et comment voulais-tu qu'il dise quelque chose sans sa carotide ?"
Potbelly fouilla dans le chaos de sac et de paquets entassés à l'arrière de l'engin et exulta en trouvant ce qu'il cherchait.
"Ah ah ! Des clopes ! Vous choisissez bien vos amis !"
***
Fin de la première partie et je doute qu'il y en ait une deuxième
babybelius
samedi 15 novembre 2003 à 14:42
hihi bien drole tout ca!
"la communeauté de l'anu*" wouar wouarf wouarf!!! avec la nimphomane et le ratling libidineu quand a l'ogryn...
juste un petit truc: ca fait bizarre un comissaire qui deserte et le gars a la fin, comment il a pu rester en vie san la carotide? la pompe a sang du coeur..
bah essaye de continuer ;)
dhar'leth
samedi 15 novembre 2003 à 16:13
Encore, encore, je trouve ça bien, je voudrais bien savoir qui elle va se faire maintenant (bizzar pour un comissaire non ???) c'est drole.
Xavier
samedi 15 novembre 2003 à 16:32
<coupe remarques>
Oui, ça n'a aucune vocation à être rationnel du point de vue du fluff ; c'est une clownerie qui m'a été inspirée par les trois figurines représentants les protagonistes qui est là :

...et que j'ai bâclée en une heure à peine pour cette première partie. Les noms des personnages suffisent à donner une idée du sérieux du truc : "Leggy" signifie "aux longues jambes" ou "tout en jambes" ; "Potbelly" peut se traduire par "ventru", "pansu" ou "gras du bide" et "Doomy" et un pauvre jeu de mot entre "Doom" (condamnation, fatalité) et "dummy" (stupide, nul).
Xavier
Patatovitch
samedi 15 novembre 2003 à 16:32
Hal se remet à écrire. C'est meilleure nouvelle que j'ai eu depuis que Wanadoo a fait passer ses espaces disques par abonnement à 100Mo.
CITATION
ca fait bizarre un comissaire qui deserte
Oui en effet... Mais il y a surement une raison profonde ? hein ? non ? Tant pis alors. C'est très bon quand même.
Que dire alors ?
"Vivement la suite" ...
Patatovitch
"- Moi, quand je vois tous ces gens rejetés par la société et que se retrouvent dans les encyclopédies des animaux, tout ça parce qu'ils sont fouisseurs et qu'ils ne peuvent pas se défaire de leur queue, eh ben j'y peux rien, ça me fait pleurer.
- Louis, tu es trop sensible."
Georges et Louis romanciers (Goossens)
alex77
samedi 15 novembre 2003 à 18:43
qoui, pas de deuxieme partie??!!!!mais attends il en faut une!!!au moins pour voir un ratling dans une histoire!!!y'en a pas assez vous ne trouvez pas???franchement c'est un gros délire et j'espère que ça va continuer...
allez @+
alex
Ahriman
samedi 15 novembre 2003 à 18:57
Mort de rire. Je vois bien Joe Pesci dans le rôle du ratling pour une éventuelle adaptation cinématographique!
En tout cas bravo Hal! Je sais pas si c'est très fluff effectivement (Après tout, ta nouvelle du boss blood axes n'est plus fluff, depuis la V3) mais on s'en fout, c'est diablement bon!
LA SUITE VITE!
babybelius
samedi 15 novembre 2003 à 19:05
j'aime bien les figs!!!
mais elle est tres rare la comissaire!!!
il sort d'ou l'ogryn? (allias stalone hihi)
LA SUIITE!!!
Grey_wolf-XIII
samedi 15 novembre 2003 à 19:12
La salope de commissaire est dispo à la VPC. Doomy est la vieille figurine d'Ogryn de la V1
Xavier
samedi 15 novembre 2003 à 19:24
CITATION
La salope de commissaire est dispo à la VPC.
VPC US seulement. A la base c'était sensé être une édition limitée réservée aux USA à laquelle on a fait jouer les prolongations si je ne me trompe. Elle est encore disponible mais peut-être plus pour très longtemps du fait de l'actuel changement de politique chez GWUS vis à vis de ce genre de singeries.
CITATION
Doomy est la vieille figurine d'Ogryn de la V1
C'est le sergent ogryn de Bob Olley mais il y avait de nombreux autres modèles. Deux étaient en une seule pièce (comme celui-ci) les autres étaient des ogryns modulables en pièces détachées.
Xavier
babybelius
samedi 15 novembre 2003 à 19:32
chui con y'avait ce commisaire dans la vitrine en depovente de mon magasin Games ya quqs semaines...
mais bon, elle coute 20€ quand meme!
sinon pour dummy ya nork ledog qui a l'air plus con masi elle est mieux ta fig
sKaLpeL
samedi 15 novembre 2003 à 23:17
c'est EXCELLENT !!!!!
franchement developpe le truc ce serai trop dommage ( et sadique ) de pas faire une suite !
Bananutz1005
samedi 15 novembre 2003 à 23:50
Mais d'ou ils arrivent? que s'est il passé avant qu'il ne débarque dans la cité ruche? Pourquoi ils sont la? on en sais que dalle...peu etre pourrais tu le devellopper dans la suite...car il faut qu'il y en ais une! Ca ne peu pas se finir comme celà..!
Xavier
samedi 15 novembre 2003 à 23:51
Tout ce que vous allez gagner c'est que je vais écrire une suite mais que cette fois je vais le faire sérieusement et que du coup, ce ne sera plus tout bête.
...
Bon, OK, la suite est écrite et je suis en train de relire. Je la poste un peu plus tard.
Xavier
Xavier
dimanche 16 novembre 2003 à 00:00
"Et maintenant on fait quoi ?"
Le buggy était arrêté au bord de la chaussée défoncée et plongée dans les ténèbres. Ils s'étaient finalement arrêtés, après avoir acquis la certitude d'avoir semé leurs poursuivants.
"Tu as le droit d'avoir des idées Potbelly. Mais on avance non ? Nous sommes rentrés dans la ruche. Nous avons un véhicule. Et nous sommes à l'abri de la justice de l'armée ; ils ne viendront pas nous chercher ici. Ce sera peut-être moins facile quand nous monterons dans les niveaux supérieurs : nos signalement ont probablement déjà été transmis aux autorités du secteur."
"Il n'y a qu'à demander le chemin à un passant," suggéra ironiquement le ratling.
"Il nous faut un plan de ce niveau de la ruche. Euh… si seulement une telle chose existe. Sinon, il nous faudra trouver un autochtone qui sait. Euh… si seulement une telle personne existe. Doomy, combien nous reste-t-il de nourriture ?"
L'ogryn fit un geste de la main indiquant qu'il n'y avait pas de soucis à se faire en la matière.
"Pas question de retourner sur nos pas en tous cas," admit Leggy.
"Merci qui ?"
"Oh, la ferme ! Il n'y a qu'à continuer. Apparemment, la réserve de carburant de cet engin est suffisante ; nous trouverons bien un autre bloc d'habitations où la nouvelle de nos exploits ne s'est pas encore répandue."
"Evitez de tuer quelqu'un cette fois," ricana Potbelly.
"Je ne vais pas me laisser tripoter par n'importe quel galeux !"
"Pourquoi pas ? C'est pas ça qui vous excite ?"
Ils remontèrent dans le buggy.
***
L'enseigne de la taverne annonçait cette fois "Au mutant démembré". La chasse au mutant semblait être une sorte de sport populaire par ici, ce qui en soit n'était pas pour déplaire à Leggy qui y voyait la preuve de la bonne santé spirituelle et morale de la population locale – à défaut de mieux – mais elle s'inquiétait vaguement de ce que cette juste intolérance vis à vis de tout ce qui était différent des humains vrais ne s'étende à ses deux compagnons. Doomy était paradoxalement celui avait le plus à craindre parce qu'il représentait le danger et la cible les plus évidents en cas d'agression. Et sans Doomy, la petite escapade tournerait rapidement court.
Leggy eut une impression de déjà vu en entrant. Même décor métallique hideux. Même mobilier rouillé. Même silence tombant sur la pièce. Mêmes visages balafrés et mauvais les fixant avec méfiance. Cette fois, Potbelly alla s'asseoir seul à une table tandis que Leggy s'approchait du comptoir. Doomy resta debout à côté de la porte, adossé au mur froid et parfaitement immobile pour surveiller la scène, ses yeux cachées derrières des lunettes de protection fumées qui le rendaient beaucoup moins menaçant mais parfaitement ridicule.
Potbelly sursauta quand un homme de forte stature, borgne et au crâne rasé s'approcha de lui. Ses bras étaient couverts de tatouages et de cicatrices.
"Salut petit mec ! Je peux m'asseoir à côté de toi ?"
Potbelly renonça à se cacher derrière sa casquette et s'étira autant que possible pour avoir l'air plus grand et donc plus humain et pris sa voix la plus grave pour répondre.
"Te gênes pas, fais comme chez moi."
L'homme s'assit en riant stupidement, révélant sa mâchoire édentée.
Il doit y avoir un pédé pervers dans toute la ruche et il faut que je tombe dessus, songea Potbelly en plaquant sa main sur son visage pour ne pas avoir à supporter trop violemment la laideur de l'homme. Il regardait Doomy qui regardait Leggy qui leur tournait toujours le dos. S'il me pose la main sur la cuisse, je le plante ce poque.
"Et alors vous venez faire quoi dans le coin avec ton gros copain et ta jolie petite amie."
"On se promène. On visite."
"Ah. Et vous aimez ?"
"Ah oui, c'est charmant. Là j'attends de goûter les plats régionaux."
L'homme éclata de rire et donna une grande claque dans le dos du ratling dont le nez manqua de heurter la table.
"T'es un rigolo hein ! Je t'offre à boire !" Il leva la main et claqua ostensiblement des doigts.
Une alarme sonnait sans discontinuer dans l'esprit du ratling. Un homme au crâne rasé également vêtu d'un simple veston de toile qui laissait apparaître ses bras puissants et tatoués avait accosté Leggy au comptoir. Un autre s'approchait doucement d'elle de l'autre côté, réduisant silencieusement la distance qui la séparait d'elle. Du coin de l'œil, le ratling avisa deux autres hommes à l'aspect similaire qui s'étaient levés dans le fond de la pièce, sans geste brusque. Plusieurs autres – Trois ? Quatre ? – avaient changé de comportement, à présent raidis sur leurs sièges, penchés en arrière , les bras le long du corps.
Potbelly s'aperçut soudain que Doomy avait perdu son immobilité. Un sac à dos posé à ses pieds laissait à peine apparaître l'extrémité de la crosse de son monstrueux Ripper Gun. Les doigts de sa main droite bougeait alternativement, du pouce vers l'auriculaire puis de l'auriculaire vers le pouce, d'abord très lentement puis de plus en plus vite. Lui aussi sentait quelque chose. Il fallait décider rapidement quoi faire.
Potbelly n'avait pour toute arme qu'un pistolet de petit calibre et de très faible portée suffisamment discret pour être caché dans une poche. Mais sur qui faire feu ? Accompagné de membres de son unité de tireurs d'élites, il n'aurait même pas eu besoin de leur parler pour mettre au point un plan d'action. Mais comment allait réagir Doomy ? Etait-il aussi fiable que l'affirmait Leggy ? Si une fusillade éclatait, n'allaient-ils pas tous les deux choisir la même cible, laissant leurs autres opposants libres de les abattre ? Ils n'avaient jamais combattu ensemble. Il aurait voulu pouvoir lire dans les yeux de l'ogryn ses intentions mais celui-ci conservait un aspect parfaitement inexpressif derrière ses grotesques lunettes – seuls ses doigts s'agitaient, se rapprochement avec une infinie douceur de la crosse de son arme.
Potbelly sentit une goutte de sueur perler sur son front. Au fond de la pièce, les deux hommes se rapprochaient inexorablement et un troisième s'était levé. Au comptoir, l'homme qui parlait à Leggy était presque collé contre elle – cette stupide nymphomane ne se doutait-elle donc de rien ? A cette distance, Potbelly avait l'impression de pouvoir sentir ses tétons durcir – et le second était à moins de cinquante centimètres d'elle, regardant innocemment dans l'autre direction.
Un serveur approchait, un plateau sale posé sur le plat de sa main portant deux lourdes chopes du même breuvage glauque et mousseux. La lumière vacillante des ampoules électriques faisait danser des éclairs sur les facettes de verre sculptées des récipients crasseux. Le serveur s'arrêta devant la table mais ne posa pas les chopes.
"C'est six crédits et c'est payable d'avance," cracha-t-il avec négligence.
Il ne reçut aucune réponse. L'homme assis à côté de Potbelly le regardait. Potbelly avait discrètement posé sa main sur la bosse rassurante que formait le pistolet dans sa poche. Il ne tremblait pas – jamais - mais regardait Leggy. Du coin de l'œil, il vit un quatrième homme se lever au fond de la pièce. La main du serveur approchait doucement du revers de son veston. Les doigts de Doomy effleuraient la crosse de son arme. Je suis Leggy, songea Potbelly. Quelle est la cible la plus dangereuse ? Je suis Doomy. Quelle est la cible la plus dangereuse ? Dans le reflet de la chope, il y eut un mouvement de lumière et le ratling sut que l'homme à côté de lui avait tiré un pistolet.
Une détonation. Le serveur recula l'air hébété, plaquant sa main contre sa poitrine sur laquelle une tâche rouge s'élargissait. Le bruit de verre brisé que produisirent les chopes au moment où elles rencontrèrent le sol fut couvert par une seconde détonation. L'homme derrière Leggy tomba au sol. Deux détonations simultanées. L'homme à la gauche de Leggy tomba à genoux en crachant un flot de sang en même temps qu'un des hommes du fond. Une détonation. L'homme à côté de Potbelly bascula en arrière et s'étala sur le sol de tout son long, le crâne perforé. Cinq détonations très puissantes se succédèrent. L'arme de Doomy venait d'entrer en action, fauchant cinq hommes à l'autre bout de la pièce.
Potbelly replaça son arme dans la poche. Au comptoir, Leggy faisait de même et se retournait calmement.
"Les miens ont touché le sol les premiers."
"C'est parce que les vôtres étaient plus grands."
La femme et le ratling se dirigèrent calmement vers la sortie. Ce n'est que quand ils l'eurent franchie que Doomy les suivit, marchant lentement à reculons pour continuer à tenir en joue la foule muette et sidérée.
Dès qu'ils furent à l'extérieur, ils se lancèrent dans une course éperdue en direction de leur buggy parqué un peu plus loin.
"On va faire… tous les bistrots… comme ça ?" demanda Paolo déjà essoufflé.
Leana Leggy s'arrêta soudain au beau milieu de la rue et se retourna en direction de l'entrée de la taverne.
"GREEENAAAADE !" cria-t-elle.
Les brutes vociférantes étaient sur leurs talons, sortant tout juste de la taverne, le moment de stupeur passé. Le premier d'entre eux n'avait pas fait deux pas quand une puissante explosion souffla les murs de l'établissement et déchiqueta les corps des poursuivants. La plaque de fer noircie portant encore l'inscription du "Mutant démembré" décrivit une gracieuse courbe avant d'atterrir au pieds de Leggy qui posa ses mains sur ses hanches, l'air navrée.
"Ah. Ils étaient prévenus pourtant."
Doomy arrivait. La goupille tinta sur le bitume quand il la délogea de sa canine pour la cracher au sol.
***
"Le patron du bar m'a dit qu'il y avait une espèce de vieil ermite fou qui vit dans un conduit d'égout vers le Nord-Est. Le bonhomme connaîtrait les lieux comme sa poche. S'il y a un moyen de passer aux niveaux supérieurs, il pourra nous l'indiquer."
Potbelly acheva de mâcher à grand bruit la plaquette de nourriture concentrée, jeta négligemment l'emballage puis se gratta longuement les parties génitales avant d'allumer une cigarette. Il éructa bruyamment, fit claquer le plat de sa main sur son gros ventre et conclu cette curieuse symphonie organique par une puissante flatulence.
"Ouah putain, ça fait du bien de bouffer eh ! Une bonne chiée et au lit !"
"Seul ?"
"Jamais !"
"Je me disais aussi."
"Qu'est-ce que vous vous disiez aussi ?" demanda le ratling brusquement vexé.
"Que tu es un frimeur Potbelly. Aucune femelle de ton espèce ne voudrait d'un gras-du-bide qui empeste des pieds comme toi. Moi je suis peut-être une pute mais je me suis fait les plus beaux mecs de la galaxie."
Le visage poupin du ratling avait tourné au rouge pivoine.
"Gggbllz… mais… ouahouahouahouah comment elle me parle elle ? Là d'où je viens je suis un héros ! Un héros vous entendez ! Les femmes elles me supplient, parfaitement. Je me les fais toutes, quand je veux, j'ai qu'à claquer des doigts y en a dix qui tombent lalalalala !"
Il appuyait ses paroles de frénétiques rotation du poignet, l'index et le menton tendus en avant. Leggy n'avait pas l'air très impressionné.
"Des boudins, peut-être."
"Des boudins ? DES BOUDINS ? Je me suis tapé les pires canons de toute la planète et elles étaient à genoux pour en redemander tellement je les faisais crier ouais-ouais-ouais-ouais !"
Il reprit soudain son calme bien que son visage ne se départit pas d'un air offusqué.
"Et mon gros bide est un signe d'aisance sociale."
Leggy éclata d'un rire si franc et inextinguible qu'elle passa plus de cinq minutes à se tenir les côtes avant de retrouver son souffle. Mais ce qui horripila le plus le ratling fut de voir Doomy les deux mains sur la bouche pour se retenir de pouffer grotesquement.
RedMax
dimanche 16 novembre 2003 à 00:07
tres fort, mon delire que le premier, mais pas mal.... aller on continue!
Mooz le trop durz
dimanche 16 novembre 2003 à 00:34
C'est définitivement nul, et il manque un personnage.
Pfff que de temps gaspillé au lieu de bosser sur tes
nain de l'espace, hein?
Bon que ça ne tourne pas à la Zugrub's Saga, on en
a déjà assez soupé de tes conneries.
Constructivement,
Moi
Gandahar
dimanche 16 novembre 2003 à 01:04
C'est tout simplement génial !
Bon, c'est pas tout mais quand est-de qu'on sait pourquoi un commissaire déserte ?
Wortgul
dimanche 16 novembre 2003 à 12:50
Comme d'ab' avec les histoire de Hal, c'est con mais c'est bon.
Alors ce sera ça ta bande pour Negromundheim ?
Mais où qu'on trouve les règles ?
babybelius
dimanche 16 novembre 2003 à 14:27
comme il dit, con mais bon huhuhu
allez! continue!
ca me fait bien rire c't'histoire
ca change de tout les trucs serieux qu'ont peut entendre...
Xavier
dimanche 16 novembre 2003 à 19:08
Le buggy filait à vive allure vers le nord-est, Leggy au volant, Potbelly à ses côtés, Doomy tassé à l'arrière, les genoux dans le menton.
"Pourquoi les types de la taverne nous ont attaqués ?" demanda soudain le ratling.
Leggy haussa les épaules.
"Je suppose qu'ils n'ont jamais vu d'abhumains et qu'ils vous ont pris pour des mutants. Ou qu'ils n'aiment pas les étrangers, tout simplement."
"Vous en êtes sûrs ? Ils ont très bien organisé leur attaque. Je les ai observé ; je n'en ai pas vu se concerter. Ils l'avaient préparée à l'avance."
La femme acquiesça.
"Et ce n'est pas tout," poursuivait le ratling. "Pourquoi ont-ils pris tant de précautions ? D'accord il y avait Doomy mais pourquoi s'être mis à deux sur vous ? Et pourquoi deux sur moi ? Pourquoi avec une telle coordination ? Ils savaient qu'ils avaient affaire à des combattants entraînés, j'en suis certain."
Leggy frappa rageusement le volant du poing, obligée de reconnaître que Paolo avait raison.
"Eh merde !" cracha-t-elle. "Alors cela veut dire que notre signalement a bien été transféré jusqu'ici. Mais par quel biais ? Il est impensable que les choses aient pu aller si vite. Nous ne ferons pas de vieux os si nous sommes attendus à chaque coin de rue."
Le buggy avait quitté le bitume pour progresser à présent sur un terrain vague chaotique. L'éclairage se faisait plus rare, l'atmosphère plus nauséabonde. L'endroit était totalement désert et un silence de mort y régnait ; seul le bruit du moteur du buggy y résonnait sinistrement. Leggy stoppa à une dizaine de mètres d'un rempart de béton incliné à quelques trente degrés dont le sommet se perdait dans les ténèbres.
"Voilà, d'après le patron de la taverne, c'est par là. Il faut suivre la muraille jusqu'à l'entrée du collecteur. Ce doit être tout près d'ici."
Ils descendirent. Leggy hésita.
"Doomy, reste ici. Tu gardes l'engin et le paquetage."
Elle fouilla dans les sacs, en tira une épée énergétique dans son fourreau qu'elle fixa à sa ceinture, un pistolet laser et un pistolet automatique qu'elle enfouit dans ses poches. Paolo fit de même et se décida pour un fusil à pompe et son fusil de précision dont il démonta la crosse et la lunette de visée. De cette manière, il pouvait presque l'utiliser comme une arme de poing.
"En avant."
Ils n'eurent pas à parcourir plus de trois cent mètres, avant de trouver l'entrée du collecteur, gouffre de métal rouillé qui s'enfonçait en pente douce dans la muraille. L'odeur qui en échappait était si infecte que Leggy crut défaillir et Potbelly vomir ses plaquettes de nourriture concentrée. Le sol visqueux était tapissée d'une sorte de boue jaunâtre et phosphorescente.
"Mes bottes en cuir de chez Biderman", piailla le ratling. "Trente jours de solde pour me les payer et elles vont être foutues !"
"Cesse de geindre. Tu n'entends pas du bruit ?"
"Si. Bruit d'eau qui coule ; grincement métalliques ; ça vient d'un peu partout… Et… Des grattements ; des feulements ; c'est d'origine animale je dirais ; ça vient de la gauche."
"Alors on va à gauche."
Potbelly pataugeait jusqu'au genoux dans la boue lumineuse, un mouchoir sur le nez et son fusil de précision dans l'autre. Pour ses sens aiguisés, l'odeur épouvantable du collecteur était une torture bien pire que pour un être humain à l'odorat moins affiné. Ils progressèrent sur plus de cinq cent mètres avant d'arriver à un nouvel embranchement.
"Et maintenant ?"
"Je ne sais pas moi. A gauche encore."
Le tunnel se rétrécissait au point que Leggy était obligé de se pencher pour avancer. Le sol était plus sec à cet endroit, ce qui signifiait qu'ils étaient désormais privés de la lumière émise par la boue. Quand ils furent dans le noir complet, Leggy empoigna sa lampe-torche.
"Je veux pas mourir sans avoir tiré mon coup une dernière fois !" ragea Potbelly. Tout être vivant à droit à ça, merde ! Je sais pas moi, c'est une question de respect quoi ! Hé !"
Il n'avait pas vu que Leggy s'était arrêté devant lui et tomba sur son séant en la heurtant.
"Prévenez quand – "
"La ferme."
Paolo se releva prudemment. Dans les ténèbres devant lui, il devinait une présence. Que même lui ait pu se laisser surprendre indiquait que leurs opposant était d'une discrétion phénoménale. Des yeux en amande brillaient dans l'obscurité.
"Ne braquez pas votre lampe sur eux si vous voulez mon avis. Chez la plupart des mammifères, ce serait considéré comme une agression."
"Qu'est-ce qui te fait croire que ce sont des mammifères ?"
"Qui dérange mes amis ? Mes chéris ?"
La voix était aiguë et chevrotante.
"Qui êtes-vous ? Partez étrangers ! J'aime pas les étrangers !"
Leggy avança très doucement. En arrivant à la hauteur des yeux en amandes, elle put voir qu'il s'agissait de rats d'une taille monstrueuse ; ils étaient plus grands que Potbelly. Leurs fourrures étaient rongées par la gale et se décomposaient. Beaucoup portaient des marques de blessures gravement infectées, avaient la queue cassée ou un œil crevé dont un pus immonde s'écoulait sans discontinuer. Les incisives étaient de dimensions prodigieuses et dépassaient des gueules dont dégoulinait une bave noire.
"Pardonnez-nous de déranger votre quiétude monsieur," fit Leggy d'une voix qui se voulait apaisante. "Nous nous sommes permis de venir vous voir parce qu'on nous a indiqué que votre connaissance et votre sagesse sont grande et que nous avons besoin de vous."
Une masse de haillons bougea dans les ténèbres.
"Je ne sais rien ! Laissez moi tranquille !"
"Nous vous avons apporté un présent."
La masse bougea à nouveau.
"J'ai besoin de rien ! Mes chéris m'apportent toute la nourriture que j'veux. Si vus avez pas une bonne bouteille de tord-boyaux de la rue au Croque-mitaine à m'offrir, c'est pas la peine de rester."
Leggy cacha sa main derrière son dos et l'agita rapidement. Potbelly y plaça en soupirant une topette d'alcool qu'il avait tiré de sa poche.
"Mais nous avons beaucoup mieux à offrir monsieur. Le meilleur tord-boyaux de toute la ruche !"
Une main décharnée aux ongles crasseux et cassés surgit du tas de haillons et saisit la bouteille. Le silence qui suivit ne fut troublé que par un bruit de déglutition.
"Ouahah ! Ben z'avez pas menti c'est l'meilleur truc que j'ai bu depuis longtemps ! Vous m'plaisez bien les étrangers ! Qu'est-ce vous voulez savoir."
"Monsieur, on nous a affirmé que vous connaissiez le moyen de gagner les niveaux supérieurs de la ruche. Si c'est bien le cas, nous vous serions gré de nous l'indiquer."
Le tas de haillons fut agité de soubresauts. La créature devait rire.
"Un moyen… de gagner… les niveaux supérieurs ! Y en a pas ! J'ai passé ma vie à explorer ce niveau. J'suis un grand aventurier ! Un grand explorateur ! Toute ma vie j'ai cherché un moyen de sortir de ce trou ! Ben y en a pas ! Aucun z'entendez ! Alors j'ai compris qu'l'Emp'reur m'avait mis là pour que j'y crève parce que c'est not' destin à tous. Tous ! Alors puisqu'i' faut crever dans un trou à rats, j''suis v'nu vivre ici 'vec mes chéris. Valent bien mieux qu'des hommes."
Leggy se grattait la tête avec perplexité.
"Mais il doit bien avoir un moyen. Si vous avez vraiment exploré ce niveau, vous en avez certainement entendu parler au moins…"
"J'sais rien d'plus ! Fichez l'camp maintenant !"
Les rats mutants devinrent soudain nerveux. Leurs griffes raclaient les parois de l'égout et leurs babines se retroussaient.
"Mes chéris ! Mes petits ! Ils sentent qu'y a des mutants dans l'coin."
"Des mutants ?"
"Oui. Des zombies des égouts. C'est à cause d'vous qu'ils ont été attirés. Ils attaquent les humains. Moi y a mes chéris qui m'protègent mais j'veux pas qu'ils viennent ici. Fichez le camp maintenant !"
Leggy empoigna l'épaule de son compagnon.
"Doomy !"
Ils tournèrent les talons et se lancèrent dans une course éperdue à travers le labyrinthe du collecteur pour revenir vers l'entrée, pataugeant dans la boue phosphorescente. Le ratling était fou de rage.
"PU-TAIN ! Une pleine boutenche d'alcool de grain distillé de ma planète pour ce vieux con ! Le meilleur alcool de la galaxie, vous avez vu comment il l'a sifflé le mec ! Ben merde, ça me perfore l'anus !"
Ils émergèrent de la paroi pour entendre une fusillade au lointain, venant de l'endroit où ils avaient laissé le buggy. Leggy accéléra encore sa course. Derrière elle, Potbelly peinait à suivre.
"DOOMY !"
Il stoppèrent à cent mètres du buggy, figé par le spectacle d'horreur. Une marrée de monstres humanoïdes décharnés à la peau grise, aux yeux rougeoyants et aux griffes longues et jaunes avançait sur l'ogryn qui faisait feu sans discontinuer de son Ripper Gun, fauchant les créatures mutantes rang après rang. Les corps rachitiques étaient pulvérisés par les munitions explosives que vomissait l'arme mais Leggy eut un haut-le-cœur en voyant un des mutants tranché en deux au niveau de l'abdomen continuer sa progression vers l'ogryn en rampant, griffant le sol de ses ongles et laissant derrière lui une traînée de sang noir tel une limace immonde.
Potbelly avait ajusté son fusil de précision.
"Dix cartouches, dix morts," se vanta-t-il.
Il ajusta et fit feu par trois fois. Un seul zombie, visiblement frappé à la tête s'écroula pour reprendre immédiatement son avance en rampant.
"Ils sont complètement insensibles à la douleur," cria Leggy. "Il faut les mettre en charpie pour les arrêter."
Elle avait dégainé et activé son épée énergétique et courait pour rejoindre Doomy qui grognait en s'escrimant sur son Ripper Gun enrayé. Il attrapa une grenade à fragmentation qui pendait à sa ceinture et dans un geste quasi automatique, coinça la goupille dans sa canine, tira et jeta le cylindre dans la masse de ses opposants. Vingt mutants périrent dans la boule de feu pour être aussitôt remplacés par vingt autres. Puis ils furent sur lui. D'une main, Jim Doomy tenait son Ripper Gun par le canon, frappant les créatures de la lourde crosse, assénant de l'autre de terribles coups de poings qui faisait voler en éclats les têtes et les cages thoraciques. Leggy se jeta dans la mêlée, exécutant de grands moulinets de son épée, décapitant, tranchant les corps, repoussant ses adversaires de vigoureux coups de bottes avant de les réduire en morceaux. Rien ne semblait pouvoir endiguer la marée. Potbelly avait troqué son fusil de précision pour son fusil à pompe chargé de balles explosives. Il se jeta à son tour au contact, tirant à bout portant, faisant éclater les têtes comme des fruits trop mûrs. Le sol était jonché de cadavres.
Puis ce fut fini. Quelques mutants survivants tournèrent les talons et s'évanouirent dans les ténèbres au loin laissant des dizaines des leurs étendus sur le sol.
La première préoccupation de Leggy fut de trouver la pharmacie dans leurs paquets avant de consacrer un long moment à inspecter attentivement les bras de l'ogryn pour nettoyer longuement et panser soigneusement les plaies qui les recouvraient. L'ogryn n'avaient subi que de vilaines griffures mais dans cette atmosphère insalubre, elle imaginait la moindre infection devenir rapidement mortelle sans compter les innombrables maladies que devaient porter ces répugnants rebuts organiques si ignoblement différents des Humains Vrais. Doomy avait remis en état de fonctionnement et rechargé machinalement son arme et se laissait maintenant faire sans broncher sous l'œil égrillard de Potbelly.
"Hé Léa, moi aussi je me suis fait griffer là, regardez, ça s'infecte, c'est horrible, je vais mourir !"
Leana lui jeta la bouteille d'antiseptiques.
"Débrouille-toi."
"Superbe représentation mais le spectacle est terminé."
Leggy sursauta. Trente hommes avaient surgi de la pénombre et les entouraient, leurs armes braquées sur eux. La main de Doomy se serra sur la poignée de son Ripper Gun mais il interrompit son geste quand Leggy lui toucha doucement l'épaule, lui intimant l'ordre de ne rien faire.
"Faites pas les malins !" L'homme qui parlait était un colosse torse nu dont le système pileux se réduisait à une barbiche noire et une crête cheveux qui barrait le milieu de son crâne. "Toi le gros balance ton flingue et approche les mains sur la tête et à pas très lents."
Jim se leva doucement et jeta son arme à dizaine de mètres devant lui. Leggy tiqua. L'arme au sol restait pointée en direction des hommes, la poignée tournée vers la droite de Doomy tandis qu'il avançait les doigts croisés sur la nuque. Il n'aurait pas procédé autrement s'il avait par exemple l'intention de plonger au sol pour la ramasser très rapidement, songea-t-elle. Deux des brutes coururent et braquèrent leurs fusils laser sur la gorge de l'ogryn pour le maintenir en respect.
"C'est bien. Maintenant toi la gonzesse, ton épée. Par terre. Tes flingues aussi. Approche par ici. Les mains sur la tête. Toi, fouille la."
Un des hommes s'approcha de Leggy pour palper très soigneusement ses vêtements. Une inspection de plusieurs minutes fut nécessaire pour déterminer que les parties les plus intimes de son corps ne recelait pas une arme. Leggy garda le silence mais nota soigneusement le visage de l'homme.
"Le gnome il est où ?" demanda l'homme à la crête qui semblait être le chef de la bande.
"On s'en fout du gnome" suggéra un des hommes.
"C'est les trois qu'il nous faut abruti ! Retrouvez le moi ! Allez, plus vite que ça ! Il a pas pu aller loin !"
Quelques hommes se dispersèrent dans l'obscurité. Leana jeta un œil au tas de paquets dans le buggy et vit que le sac à dos du ratling avait disparu. Le chef du gang s'approchait d'elle, la gardant soigneusement en joue.
"Qu'est-ce que vous nous voulez ?" demanda-t-elle froidement.
"Nous ?" La voix de l'homme s'était faite enjôleuse. "Rien. On vous veut rien du tout. Ce qu'on veut c'est ça."
Il brandit sous le nez de Leggy une feuille de papier frais qu'elle empoigna pour l'étudier. La feuille portait le tampon de son régiment, un second, administratif, probablement celui des autorités de la ruche et un troisième inidentifiable. Au centre, une photo d'elle-même, une de Jim Doomy et une de Paolo Potbelly. Le texte en dessous disait simplement : "Recherchés. Attention, ces trois criminels sont extrêmement dangereux. Morts : 5.000.000 crédits. Vifs : 20.000.000 crédits"
Leana éclata de rire.
"Vous vous faites rouler dans la farine ! nous valons trois fois plus."
"Vingt millions de crédits c'est suffisant pour aller tous vivre comme des rois au plus haut sommet de la ruche pour moi et pour tous mes gars. Je sais pas ce que vous avez fait pour que vos têtes soient mises à ce prix mais je m'en fous."
Il se retourna pour crier :
"Bon alors vous me le trouvez ce foutu nabot !"
"Il est nulle part !" répondit une voix dans le lointain.
"IL NOUS LE FAUT AUSSI !"
Il s'intéressa de nouveau à Leggy soulevant délicatement sa robe de cuir de la pointe de son arme jusqu'aux cuisses.
"Et puis si c'est pas assez de pognon, on peut trouver une compensation."
Leggy se retourna vers les hommes en demi-cercle autour d'elle et lança froidement :
"Y a-t-il parmi vous un homme qui est en quelques sortes le second de ce miteux ?"
Le chef prit une mine vexée. Les hommes se regardaient entre eux. Finalement, l'un d'eux émergea des rangs.
"C'est moi."
Leana eut le souffle coupé en voyant l'homme qui s'avançait. Ses vêtement étaient râpés et usés mais visiblement propre et bien entretenus selon les standards de l'endroit. Il portait des bottes de cuir que recouvraient de larges guêtres, un pantalon et une solide chemise de toile et long manteau de fine laine brune. Un chapeau à larges bords était posé sur sa tête. Mais ce qui frappa le plus Leana était son incroyable beauté : Un corps parfaitement proportionné aux muscles clairs et saillants d'athlète énergique, un visage parfaitement découpé aux traits subtils, un nez fin, des yeux bleus et clairs, une barbe et des cheveux blonds parfaitement taillés. Sa stature et sa posture n'avaient rien d'arrogantes – elles n'en avait pas besoin : Il irradiait naturellement une sorte d'aura quasi mystique de perfection biologique qui le rendait impossible à ignorer. Le plus magnifique et le plus fin spécimen de pureté génétique qu'on ait pu imaginer, issu tout droit d'un rêve de fer au milieu de l'humanité molle, décadente et mutante qui l'entourait.
"Sigfried Von Sylboudöring, pour vous servir madame."
"C'est désormais toi le chef de cette bande." Leggy agita le pouce en direction de l'homme à la crête. "Lui il est viré."
L'intéressé vira au rouge vif. Il attrapa Leggy et la nuque et la secoua violemment.
"T'as tort de rire salope ! J'vais – "
Leggy s'arracha violemment de l'étreinte et répéta d'une voix glaciale :
"J'ai dit : tu es viré."
Son visage fut aspergé de sang quand le crâne de l'homme explosa en même temps que résonnait une détonation dans le lointain. La balle suivante se logea dans le ventre d'un des deux hommes qui gardait Doomy. La panique saisit les autres membres de la bande qui eurent une réaction typique de troupe mal entraînée et non commandée : certains se jetèrent à terre, d'autres se retournaient en tous sens pour scruter les ténèbres, lâchant d'inutiles rafales au hasard. Sept hommes s'écroulèrent les uns après les autres puis le silence retomba.
Quand les hommes de la bande relevèrent la tête quelques secondes plus tard, Leggy avait un pistolet dans chaque main. Doomy tenait dans la main droite son Ripper Gun braqué sur eux et dans la main gauche la tête dégoulinante de sang et de fluide encéphalique de son deuxième garde. Sigfried soupira et frappa rageusement le sol du poing.
"Tout le monde debout," lança Leggy. "Tout doucement. Les armes au sol et les mains sur la tête. Et ne jouez pas aux héros." Elle désigna l'ogryn du menton. "Il ferait de la bouillie avec vos têtes."
Potbelly arrivait en sifflotant, son fusil de précision sur l'épaule.
"Pas trop mal Potbelly mais tu baisses."
"Ah ?"
"Tu as vidé ton chargeur. J'ai bien entendu dix détonations. Et je ne vois que neuf cadavres."
Un des malfrats tomba soudain à genoux, les mains sur le plexus. Ses yeux s'arrondirent de surprise alors qu'un ruisseau de sang coulait entre ses doigts. Puis sa tête bascula et il tomba au sol.
Potbelly fit claquer le plat de sa main sur son gros ventre et partit d'un rire bête.
"Alors ? J'ai pas une – "
"Une grosse bitte, je sais." Leana se tourna vers Sigfried. "Je crois qu'en dédommagement des ennuis que vous nous avez causé à mes compagnons et moi-même, vous pourriez faire quelque chose pour vous faire pardonner. Comme… nous offrir un verre. Ah, au fait Jim..."
Elle chercha des yeux la brute qui l'avait fouillé un peu trop intimement quelques minutes plus tôt et le désigna du doigt à l'ogryn.
"J'ai horreur qu'on me touchent les seins sans permission. Et j'ai encore plus horreur des pusillanimes et des paresseux qui ne font QUE me toucher les seins."
La première balle quitta le canon du Ripper Gun pour aller disperser les organes génitaux du gangster sur un rayon de quinze mètre. L'homme n'eut guère le temps d'essayer sa nouvelle voix avant que la seconde ne fasse subir un sort similaire à son cœur.
***
"Nous sommes en guerre contre la guilde des marchands qui nous exploite et nous pille," expliqua Sigfried. "C'est eux qui ont relayé votre signalement ici. Ils sont très riches et très puissant dans ce coin où tout s'achète. Mais surtout nous sommes en guerre contre les mutants. Ces ordures de rebuts, on peut pas les supporter. Ils vivent sur notre dos, ils tuent nos enfants. On les hait. Ils ne sont pas comme Nous-Autres. On les tue chaque fois qu'on en a l'occasion. Mais ils sont dangereux et nombreux. De plus en plus nombreux. Certains sont très difficiles à détecter. Il en vit beaucoup au milieu de nous dont on ignore la présence parce qu'ils ressemblent beaucoup à Nous-Autres. Parfois je me dis que nous sommes les derniers Humains Vrais dans ce monde et que nous sommes condamnés à laisser notre place aux mutants. Notre nombre décline et plus nous déclinons, plus ils prospèrent. Il y a même des hommes comme Nous-Autres qui prêchent la tolérance envers les mutants et qui affirment que nous pouvons tous vivre ensemble en paix et en harmonie avec eux." A cette idée abjecte, une expression de dégoût barra son visage. "Mais tant qu'il restera des Humains Vrais conscients de leur nature, ils n'auront pas gagné ; nous ne périrons pas sans avoir combattu !"
Ils étaient réunis, Leggy, Potbelly et Von Sylboudöring, dans un grand hangar aménagé tant bien que mal, assis autour d'une table, une pinte d'une boisson peut goûteuse devant eux. La repaire de la bande était situé dans un endroit désert et tranquille, loin des blocs d'habitations. Certains bandits étaient autour d'eux, écoutant silencieusement leur chef. D'autres vaquaient à diverses occupations. Doomy était assis dans un coin de la pièce, les bras croisés, surveillant la pièce.
Le discours de l'homme sonnait heureusement aux oreilles de Leana Leggy. Mais il lui semblait qu'il y manquait quelque chose qui aurait fait de l'homme un authentique chef de guerre et un militant d'exception de la cause sacrée de l'Humanité Vraie. Il y manquait l'ambition. L'homme avait passé toute sa vie dans l'ambiance morne et sale du sous-monde ignorant tout de l'existence du soleil au dessus de sa tête et de milliers d'autres soleils au-delà. Un tel parangon de pureté physique et spirituelle n'avait pas sa place dans ce cloaque, ne pouvait limiter ses capacités exceptionnelles au meurtre occasionnel de quelques mutants décérébrés. Elle le comprenait. Elle le devinait promis à un destin infiniment plus grand, infiniment plus glorieux.
Soudain saisie d'une fièvre mystique, elle empoigna avec extase le bras de son interlocuteur.
"Sigfried ! Veux-tu me suivre ? J'ai l'intention de quitter cette ruche, de trouver un accès vers les niveaux supérieurs. Je sais que cela est possible. C'est d'hommes comme vous, combatifs et conscients de la justesse de la cause pour laquelle ils combattent dont j'ai besoin. Pour faire triompher la lumière de l'Humanité Vraie sur la galaxie !"
Quelques uns des bandits s'esclaffèrent mais sans savoir pourquoi, Sigfried fut troublé. Il aurait du trouver le discours de Leana ridicule et pourtant, il sentit au fond de son âme que c'était là les paroles qu'il avait toujours souhaité entendre sans jamais en avoir la possibilité dans ce monde sinistre et trop étroit, à l'horizon trop proche et trop sombre. Il lui sembla soudain se réveiller d'un long cauchemar mais su en même temps que la réalité était inverse. Que l'apparition de ces étrangers dans sa vie était un signe divin, la brutale impulsion qui lui avait toujours manquée pour trouver la force de croire en son rêve, ce rêve de fer qu'il faisait, nuit après nuit, depuis son enfance misérable entouré d'hommes sans espoirs et de mutants hideux, détestables et puants.
Il empoigna la main tendue alors que la même fièvre d'extase se lisait à présent dans ses yeux clairs.
"Leana ! Je suis avec toi !"
***
FIN
drazounet
dimanche 16 novembre 2003 à 20:30
j adore :D
mais j aurais preferé que l ogrin eclate le ga vicieux a coup de batte et pas d une balle dans le ventre ( sadique moi ???? :D )
vivement la suite
babybelius
lundi 17 novembre 2003 à 10:21
Ouias, un bon coup de gourdin dasn la tête.
.... mmmh
sinon ton von machin (quel nom!) , c'est etrange qu'il ne pense pas aux 20millions de credits...
Xavier
lundi 17 novembre 2003 à 10:28
CITATION
Ouias, un bon coup de gourdin dasn la tête.
.... mmmh
sinon ton von machin (quel nom!) , c'est etrange qu'il ne pense pas aux 20millions de credits...
C'est nase hein ?
Je vous l'avais dit : je touche le fond.
Vous étiez prévenus.
Xavier
Slayne
lundi 17 novembre 2003 à 10:38
Vraiment très sympa!
Honnetement, j'aimerais que tu continues, parce que je suis curieux de voir comment tu vas t'en sortir ;)
drazounet
lundi 17 novembre 2003 à 18:59
je rentre , je branche mon pc et pas de suite
ba alors ou qu elle est la suite !!!
nan doomy!!! pas la tete !!! aie aie
la suite la suite :D
sKaLpeL
mardi 18 novembre 2003 à 18:55
CITATION(Xavier @ lundi 17 novembre 2003 - 10:28)
CITATION
Ouias, un bon coup de gourdin dasn la tête.
.... mmmh
sinon ton von machin (quel nom!) , c'est etrange qu'il ne pense pas aux 20millions de credits...
C'est nase hein ?
Je vous l'avais dit : je touche le fond.
Vous étiez prévenus.
Xavier
C'EST PAS UNE EXCUSE !!!
pour la peine tu nous fait une suite !
omega666
jeudi 20 novembre 2003 à 18:25
une des meilleurs nouvellle que j'ai lu!!! la suite!!