Citation (ArchiMagister @ lundi 14 juillet 2008 à 08:14)

Luther est un hérétique. Lion un loyaliste. Point barre. C'est écrit en noir sur blanc dans le texte du fluff officiel.
Exactement, et il n'y a pas que ça d'écrit noir sur blanc dans le texte officiel :
Caliban est une colonie du premier empire galactique humain parcourue de monstres chaotiques depuis l'Age des Luttes.
Lion El'Johnson, enlevé par le Chaos, y est déposé par les hasards du Warp (lesquels préfèrent cette galaxie à toute autre, et on les comprend).
Lion prend rapidement le contrôle de la seule force militaire de la planète qui a su se construire face aux créatures chaotiques qui menacent Caliban.
Cette force dispose d'armures énergétiques pré-impériales (mais a perdu durant l'Age des Luttes le savoir du moteur à explosion).
L'Empereur, le frère-père d'Horus, de Fulgrim, Mortarion etc., découvre Lion et le reconnait, objectivement. Il lui donne immédiatement le commandement d'une légion issue des gènes du Primarque, à laquelle Lion agglomère la moitié de la défense intérieure de Caliban.
Les Dark Angels en armure noire de Lion participe à la Grande Croisade tandis que ceux de Luther gardent la boutique, forment et envoient de quoi renouveler les pertes.
Lorsque survient l'Hérésie d'Horus, Lion a transmis ses principes à sa légion : si 1 space marine vaut bien 1 million d'humains, montrer à un space wolf qu'on est les plus forts n'a cependant pas de prix.
Les batailles fratricides entre Dark Angels et Space Wolves ne sont pas punies (les deux légions continuent de combattre dans le même secteur, l'Empereur ayant confié les affaires à Horus).
Avertis de la rebellion générale et de l'imminence de la Bataille de Terra, les Dark Angels interrompent la Grande Croisade et reviennent "dare-dare" vers le Segmentum Solar, sans même demander à Luther, plus proche, d'envoyer tout ce qu'il a pour préserver l'Empereur.
Grâce au sacrifice de Sanguinius, l'Empereur a gagné mais a perdu le pouvoir temporel. Confié à l'Adeptus Mechanicus (qui ne s'est jamais soucié des technologies indigènes de Caliban), il est emmuré dans le Trône d'Or tandis que Roboute Guilliman tente de sauver ce qui peut encore l'être, quitte à chatouiller la tempe de Rogal Dorn avec son pistolet bolter.
Les Dark Angels reviennent alors sur Caliban fêter l'Imperium exsangue, car ça ne sert à rien de poursuivre les renégats vers l'Oeil de la Terreur et qu'il n'y a plus de boulot pour eux ailleurs dans la galaxie.
Luther accueille les Dark Angels à coups de canon, sans avertissement.
Vu le déséquilibre évident des forces, ce n'était pas pour profiter de l'effet de surprise. Caliban dispose de vaisseaux qui auraient pu emmener Luther et les siens dès annonce de l'approche de la légion. Luther n'a donc aucun doute sur ce qu'il ordonne.
La légion Dark Angels, épaulée de ses renforts des mois précédents, qui n'a subi aucune perte durant le retour vers Terra, a bien du mal à contrer cette malvenue de la garnison minimaliste de Caliban.
La légion Dark Angels détruit la *planète* Caliban, avec l'aide apparente d'un portail Warp. Une sanction bien plus radicale que le déjà très rare Exterminatus. Les marines pleurent ensuite "la perte de leur planète magnifique" parcourue de monstres chaotiques.
Dans le Warp, il est également dit dans le texte officiel que les Dieux du Chaos hurlent un truc que seul l'Empereur peut entendre.
L'âme de Lion El Jonhson appartient au Warp, tandis que celle de Luther McIntire est refusée.
Emprisonné dans le Roc, Luther rappelle à qui l'écoute que lorsque Lion reviendra du Warp, il aura compris et lui pardonnera. A croire que la clé de leur dispute est dans le Warp, et qu'il va falloir du temps pour en sortir Lion.
Les compagnons de Luther survivent dans une dispersion warpienne, qui n'est pas sans rappeler celle des bambins-Primarques.
Désormais qualifiés de Déchus par les DA en armure verte, certains d'entre eux passent au Chaos (ce n'était donc pas encore le cas), s'adressent aux autorités impériales (et finissent baillonnés sous les questions des chapelains-investigateurs) ou se cachent au sein de l'Humanité, sans toutefois jamais être liés à des sectes chaotiques. L'un des plus réputés d'entre eux, porteur d'une épée brisée, aidera bientôt les troupes impériales dès qu'il le peut, héroïque mais prudent jusqu'au-boutiste en armure noire, à qui on ne la fait plus.
Padawans, Maître Obi-Wan une planète a perdu. Une idée aurons-nous pour la retrouver ?
La légion Dark Angels décide de cacher à l'Empereur, Guilliman et l'Administratum la "trahison" luthériste et calibannienne, question de principes, d'aucuns diront de fierté. Caliban, et les millions d'âmes qui alimentaient la lumière de l'Empereur, connaissent une surprenante disparition administrative (et gravitique) au profit du Roc, un space hulk tout autant exonéré de dîme, donc bon.
(Que ces génocides arbitraires aient, il y a peu à l'époque, conduit à punir, dégrader ou démasquer d'autres primarques tombent ici parmi les ruines de la victoire loyaliste à la Pyrrhus. Leman Russ sera le seul à s'élever contre un traitement similaire, pourtant bien moins pire, infligé à Armageddon)
Tandis que partout ailleurs, pour éviter une nouvelle Hérésie, les légions sont reformatées en chapitres territoriaux sous tutelle administrative, économique, génétique et technologique, les Dark Angels sont (avec les Black Templars) les seuls autorisés au nomadisme insaisissable d'une force incontrôlable, n'hésitant pas à privilégier la chasse aux Déchus lorsqu'ils pourraient défendre des mondes entiers.
Leur division officielle en quatre chapitres ne contrarie en rien la mainmise du Cercle Intérieur sur l'ancienne légion (Cf chapitres successeurs des DA). Entièrement dépendant de ressources extérieures (mondes-fermes, forges etc.), le Roc parcourt pourtant la galaxie, recrute où il veut, quand il veut, pour ce qu'il veut.
Et tout l'Administratum s'en branle.
Enchaînés à Fenris, le "compagnonnage de route" des Space Wolves se restreint rapidement. L'auto-pénitence que personne ne leur a demandé lache dès lors la puissance Dark Angels à ses seuls desseins, sans témoin.
Sans vouloir donc faire fondre le glaçon dans la calebutée d'un afluffisme de bûcher, techniquement, le jeune YunYun n'a pas forcément tort d'émettre un doute : noir sur blanc dans le texte, l'affaire n'est pas aussi tranchée que la couleur des armures dudit chapitre.
Je passe sur l'angle choisi du texte lui-même, même si le conteur omniscient a finalement été rarement retenu dans les publications fluffiques, notamment lors des descriptions d'institutions ou d'armées impériales (Ici, le conteur est soit Lion soit un de Ceux-qui-marchent-dans-les-ténèbres).
Qui sont d'ailleurs ces squats nyctalopes qui n'apparaissent nulle part ailleurs et que le conteur omniscient se garde bien d'expliciter alors qu'il révèle des secrets effroyables ? Les âmes sacrifiées de Caliban ? Les conseillers sussurrant de quelque obscurité voilée ?
Cependant, AMF a amha raison lorsqu'il préconise de toujours s'en référer aux Ecritures. Deux d'entre elles me viennent à l'esprit :
"Les space marines ne connaissent pas la peur." C'est ce qui définit le space marine.
"Nul ne connait la peur, sans le doute." C'est ce qui justifie le salaire des chapelains.
Si les Dark Angels sont des space marines et que la peur est antinomique au doute, le doute, ici, n'est donc pas de mise.