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J'en ai déjà vaguement parlé dans mon sujet de modélisme: cela fait un certain temps (un sacré bout de temps même, mais la forme qu'il a pris est plutôt récente) que j'élabore un univers med fan où je pourrais retrouver un peut tout ce qui me fait triper dans la fantasy, la mythologie et l'Histoire.

 

C'est un vaste chantier sur lequel j'ai malheureusement peu de temps à consacrer.

 

Récemment, je me suis mis à convertir des figurines en rapport avec cet univers histoire de mêler les deux passe temps. Et comme cela avait l'air d'éveiller l'intérêt de certains, notamment @Cyrus33, @Le Caillou @la queue en airain @giLel @Moskito, (mais tout le monde est le bienvenu!), ben ça m'a donné envie de partager un peu plus que le court résumé que j'ai fait dans ledit sujet (ici: http://www.warmaniaforum.com/topic/55421-galerie-degill/?page=2 )

 

Mes inspirations sont les mythologies (celtiques et vikings surtout mais pas que), les cultures historiques qui leurs sont associés et divers univers de fantasy bien connus (et bien sûr Tolkien, dont je ne peux, parfois malgré moi, me détacher vraiment).

 

Alors, tout d'abord, avertissement préalable: je suis loin de me considérer comme un grand écrivain. Je suis d'ailleurs assez mauvais quand il s'agit de créer une histoire et des personnages (j'ai essayé, j'ai des idées, mais la pratique, c'est un peu plus compliqué). Du coup, la plupart de mes textes sont de pures descritpions: de la géographies, des peuples et des cultures qui habitent cet univers. Et du coup c'est parfois un poil austère, surtout qu'au delà du trip sur un univers med fan, c'est aussi mon intérêt pour l'Histoire qui m'incite à développer ledit univers. Certains textes ressemblent plus à une sorte d'étude assez poussé du fonctionnement de la société et de la culture de certains peuples qu'à un récit de fantasy. Ceux là je vous les épargne pour le moment.

 

En outre, tout ça a fini par être assez long. Je vais essayer de  vous le donner par petits bouts, espérant qu'au moins un ou deux d'entre vous auront le courage de lire et de faire un retour. Mais c'est pas non plus évident à saucissonner. J'ai écris ça pour me faire plaisir, sans soucis de le rendre lisible rapidement ou accessible comme on le ferait pour un truc destiné à être publié.

 

Bref...

 

Je commence du coup par le début, la mythologie: la création du cosmos, l'apparition des dieux et des différentes races qui peuplent Eran (puisque c'est le nom de cet univers), et les événements qui ont conduit à ce qu'il est au moment où je souhaite le décrire. Du coup, pour le moment, c'est très... bah mythologique.

 

Je précise également que tout ça est un grand chantier que je ne cesse de remanier, de changer.... Tout avis ou idée sont d'ailleurs les bienvenus, et c'est bien ça l'intérêt du partage...

 

Enjoy! (ou pas).

 

Les temps des mythes :

 

La création :

Hors du temps et de l’espace il y a tout et rien. Il y a l’éternité et le néant. Une infinité de possibles où tout, chaque possibilité, toutes les réalités potentielles coexistent. Il s’agit du chaos primordial, le Grand Tout. Nul ne peut dire pourquoi ni comment ni quand, puisque le temps et l’espace n’existent pas dans cette infinité, mais un de ces possibles devint soudain plus tangible. Il est absurde d’y chercher une raison ou une explication, puisque au dehors, rien n’a de sens ou de réalité. Le chaos primordial n’est qu’une immense virtualité, qui boue et s’agite, rêve de se concrétiser en une réalité. Et c’est ce qui advint. Le rêve devint réel.

 

Ce fut alors l’apparition des quatre éléments primordiaux : la terre, l’eau, le feu et l’air. Au tout début, alors que le monde venait à peine d’émerger, ils se mêlaient les uns dans les autres en un immense chaos qui n’était qu’un souvenir du Grand Tout. Puis ils se séparèrent. Les quatre premiers mondes émergèrent du chaos. Arshar était le monde du feu, un monde de lave et de fournaise. Nifaed était celui de l’air, un monde de brumes et de tempêtes. Isaran celui de l’eau, sous forme de glace, et enfin Gerd, celui de la terre, un chaos de roche immensément vaste.

 

Dans ce chaos débordant, qui menaçait de revenir au Grand Tout, les forces qui s’agitaient donnèrent naissance à des êtres conscients. Il s’agissait de créatures chaotiques, gouvernées par des émotions multiples et extrêmement fortes, ne sachant s’ils voulaient revenir à la virtualité ou exister. Ils sont les premiers, les géants primordiaux, incarnation des premiers soubresauts qui donnèrent naissance aux mondes. Leur nature chaotique les amena à s’affronter en permanence, ébranlant la jeune réalité qui n’était encore qu’un vague rêve. Chacun était lié au monde dans lequel il était né. Ainsi apparurent les quatre familles de la race des géants : les Thurses, géants du givre, les Surtar, géants du feu, les Aenirs, les géants des tempêtes, et les Volnirr, les géants de pierre.

 

Alors que le chaos régnait sur les mondes, les quatre éléments, à leurs frontières, entrèrent en contact. A cet endroit les quatre mondes se rejoignaient et coexistaient en leur centre. Le feu fit fondre la glace, l’eau se mélangea à la terre, et son évaporation emplit l’espace d’air alors que la lave refroidie par l’eau se mua en roche. Au centre des quatre mondes, une jeune pousse surgit, fragile et minuscule. Dès son apparition, le chaos s'appaisa, la création émergea peu à peu du sommeil profond pour un état plus éveillé et tangible. Les géants virent leurs émotions s’apaiser, et ils contemplèrent avec la stupéfaction des premiers instants la naissance d’Imraën, l’Arbre de vie, servant d’axe à l’ordre cosmique qui alors ne faisait que naître.

 

Le rêve devint de plus en plus palpable à mesure que l’arbre devenait de plus en plus énorme. Pourtant il était encore une jeune pousse. Au sein de ses racines, là où les éléments s’étaient rencontrés, au centre de la jeune réalité s’éveilla une créature magnifique. Elle avait l’apparence d’une infinité de formes entrelacées. Elle incarnait les forces et les mystères nécessaires à l’accomplissement du grand cycle de la vie et à l’harmonie de l’ordre cosmique.

Pour l’heure, elle était la beauté du monde et les secrets de la vie. Les géants furent subjugués par sa beauté. Elle était la générosité et la joie incarnée. Sa naissance marqua l’éveil du monde. Mais celui-ci n’était encore qu’un jeune enfant à l’esprit embrumé qui menaçait de retomber aussitôt dans le sommeil. Autour d’Imraën, les éléments se déchaînaient toujours.

 

Tiraillé de bien des façons, l’être primordial, émanation de la roue du destin, était multiple, trop complexe pour ne rester qu’une seule entité divine. Il se divisa, sa partie féminine et son pendant masculin se séparant. Ainsi naquit la Déesse et le Dieu primordiaux, la Terre mère et le Dieu du ciel, les divinités originelles. Ils s’attristaient de voir le monde encore plongé dans le chaos, le corps de la Déesse restant stérile, et le Dieu Céleste impuissant. La Déesse prodigua sa bienveillance infinie et son amour aux géants. Ceux-ci l’admiraient. Mais ils restaient des êtres issus du chaos du commencement. Ils revinrent rapidement à leurs instincts, comme encore pris dans la trame d’un rêve persistant.

 

Sa contrepartie masculine était, lui, terrifié, incapable de faire face. Alors Elle revint vers Lui. Elle vint et le réconforta, le berçant dans ses bras telle une mère. Il retrouva alors vigueur et lucidité. Puis elle l’aida à le relever, l’accompagnant et découvrant avec lui le monde qui les entourait, telle une sœur, il trouva alors en lui la confiance et le courage. Enfin, ils se regardèrent l’un l’autre et elle l’étreint telle une amante, et il retrouva puissance et fougue.

Alors qu’ils s’unissaient, mille sources naquirent des racines d’Arbre Monde. Les flots jaillirent, se répandirent en torrents et en cascades, irriguant, ensemençant le monde. La terre irriguée par l’eau recouvrit le feu. L’air chassa les brumes aux confins du monde. Autour des rivières et des sources, la vie jaillit. Immenses forêts poussèrent sur la terre, corps de la Déesse. Elle rayonna, devint plus belle que jamais alors que l’Arbre de vie poussa encore, devenant un axe cosmique autour duquel la création émergea enfin du rêve et du chaos des origines.

 

Les deux entités divines se divisèrent à nouveau. La Déesse engendra trois être féminins, Danu, la terre mère, générosité, amour et beauté de la Déesse primordiale, Murann qui incarnait les premiers doutes de la Déesse originelle sur le destin et la finalité de ce monde nouveau, sa conscience de la nécessité de la mort et des forces destructrices. Irnya incarnait quant à elle l’amour, la joie, l’espoir, la sensibilité et la fragilité de la Déesse.

Le dieu masculin primordial se divisa lui également en trois dieux. Cernios, le grand cornu, naquit de la vigueur retrouvée du dieu primordial. Il était la force originelle du monde sauvage, l’incarnation du grand cycle, vie et mort à la fois. Puis ce fut Tyuranad, le désir de bâtir et l’autorité du dieu-roi, la lumière dont les rayons repoussaient les ténèbres et ensemençaient la terre. Enfin le tonitruant Thurdanad, dieu du ciel, le grand fertilisateur, dieu turbulent de l’ivresse et du tonnerre. Les trois dieux et les trois déesses formèrent les deux trinités, l’une masculine, l’autre féminine.

 

C’est bien plus tard qu’ils prirent une apparence proche de leurs enfants les hommes. En cet âge, le monde était encore aux limites de la virtualité. Dieux et géants pouvaient exister selon toutes leurs formes à la fois. Ce n’est que par la suite qu’ils durent choisir une forme pour persister dans un monde de plus en plus concret.

 

Les dieux et les déesses s’unirent alors chacun l’un avec l’autre, chacun contractant un mariage temporaire qu’ils pouvaient renouveler ou non. De ces unions naquirent de nombreux autres dieux, comme la fougueuse Mara, la déesse au cheval, fille de Danu et Thurdanad, guerre et amour à la fois, Tuath, l’esprit guerrier, protecteur aux milles visages, auquel Cernios fit don du furor, la rage sauvage primale qui prend les guerriers au plus fort des combats, Mjörd, le grand artisan, Selae, déesse des étoiles, enfants magnifiques de Tyuranad et Irnja avant qu’il ne se détourne d’elle, Manaar, le seigneur des océans, fils de Cernios et de Danu, qui veille sur l’âme des morts dans les Iles Bienheureuses et bien d’autres. A la fin, chacun décida de perpétuer l’une de ses unions. Danu choisit Thurdanad, car il était pour elle l’amant et de leur union dépendait la fertilité du monde. Murann et Cernios étaient des sages, curieux des secrets du cosmos et liés au cycle du destin, de la vie et de la mort. Ensemble ils comprirent que c’était la roue du destin sacré qui avait entraîné l’éveil du monde et qu’ils devaient veiller à ce que son équilibre ne soit pas remis en question. Ils virent que tout aurait une finalité et que pour que la création et la vie se perpétuent, il faudrait détruire et mourir.

 

Tyuranad était la lumière, le grand ordonnateur. Fasciné par le monde naissant et par la beauté de la création, il ne vit pas l’amour que lui portait Irnya. Après la naissance de leur fils Mjörd, et de leur fille Selae, il se mit à parcourir le monde et ce fut le commencement de l’histoire tragique du soleil et de la lune. Les dieux fils et les déesses filles s’unirent à leur tour, et donnèrent naissance à une foule d’esprits et de divinités mineures. Ils furent avec les géants l'incarnation de la réalité telle qu'elle était à l'origine, des forces et des mystères qui maintenait un fragile équilibre. Pour l’heure, encore dans sa prime jeunesse, Danu cueillit sept fruits sur l’Arbre Sacré. Elle souffla sur leur surface, les faisant rayonner de mille feux. Elle les confia à Thurdanad qui les accrocha dans les cieux. Et la lumière illumina le monde dans sa prime jeunesse.

Modifié par Egill

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Allez, j'enchaîne direct sur la suite histoire de donner un peu de grain à moudre, mais dans un autre post histoire d'alléger.

 

L’Age d’or :

 

Les géants admirèrent l’œuvre des dieux avec stupéfaction. Ils étaient à la fois subjugués et déstabilisés. Les dieux les rencontrèrent et une amitié éphémère naquit entre les deux races. Mais les géants des origines étaient de nature chaotique. Le monde que les dieux façonnaient leur était étranger. Ils ne concevaient qu’un perpétuel changement. Ils revinrent à leurs instincts et leurs actes destructeurs mirent en péril le jeune monde. Les dieux tristes, tentèrent de les raisonner, mais en vain. Les géants étaient l’incarnation des forces primordiales, aussi destructrices que créatrices. Cela n’empêcha pas certains dieux de s’unir avec eux, donnant naissance à des créatures étranges et aux dieux du monde souterrain, d’essence à la fois chaotique et divine. Certains avaient la forme de monstres terribles, comme Wörg, l’esprit de la bête, fils de Cernios, père des lycanthropes, Oichè, la mère des dragons, ou Arha, la déesse cadavre fille de Cernios également.

 

Les races primordiales apparurent au tout début de l’Age d’or. Elles étaient nées des énergies vitales qui s’étaient mise à façonner le monde. Les dragons, façonnés par Oichè, d’essence divine, furent parmi les plus puissantes. A la fois destructeurs et sages, ils incarnaient à la fois l’essence des dieux et des géants.

 

Le peuple féerique, les Sidhae, furent les plus nombreux. Ils étaient nés dans les premiers âges de la terre, issus des énergies créatrices originelles. Les plus beaux et les plus nobles d’entre eux avaient une forme qui plaisait aux dieux et ils furent adoptés par Tyuranad et Irnya qui leur donnèrent de nombreux dons. Tous les aimèrent et leur apprirent de nombreux secrets. C’étaient les alfes, réputés les plus belles créatures qui naquirent lors de l’apparition des mondes, leur destin lié à la création dont ils se firent les plus farouches défenseurs.

 

Les nains naquirent d’expériences menées par Mjörd avec l’aide d’une géante de pierre du nom d’Angrand. Tyuranad punit son fils pour avoir créé une race qu’il jugeait indigne des dieux en l’enchaînant à son enclume et en le condamnant à façonner divers objets d’or de bronze et d’argent. Irnya s’opposa cependant à ce qu’il s’en prenne aux nains et elle leur permit de s’échapper sous terre où ils établirent leurs demeures souterraines, vénérant les joyaux, les minéraux et les métaux. Les géants Völnirr les rencontrèrent. De profonds liens d'amitié les lièrent et dès lors, ils partagèrent un destin commun. Ils furent les plus grands artisans du monde que ni Alfe ni homme ne put jamais égaler.

 

L’autre race Sidhae qui se distingua de ses cousins au premier âge du monde fut guidée par le dieu Cernios, dont elle hérita de nombreux traits. Parfois nommés alfes noirs, ce sont des êtres sages et sauvages à la fois, gardiens des forêts les plus profondes. Ils prirent d’ailleurs l’apparence d’hommes-cerfs et ils furent connus plus tard sous le nom de Cornus.

 

Les autres Sidhae étaient aussi variés que différents. Contrairement aux alfes et aux Cornus, ils demeurèrent des êtres d’essence surnaturelle, incapables de s’adapter au changement lorsque les premiers âges passèrent. On compte parmi eux les Feeru, les Aednars, les Derviens et bien d’autres. Leur beauté était le reflet de la pureté virginale du monde des origines et même les dieux les admiraient.

Toutes ces races primordiales étaient d’essence divine, incarnation des forces de la création. Leur rôle en son sein, comme pour les dieux et les géants, était déterminé.

 

C’est pourquoi les dieux décidèrent de leur ultime création. Ils seraient leurs enfants, mais pourraient faire leurs choix. Cernios cueillit des rameaux du grand arbre. Danu leur donna le souffle de la vie, Thurdanad anima les corps de sa foudre, Irnya leur donna la joie et la curiosité, Murann un destin pour les guider, une part de la sacralité du monde et enfin Tyuranad leur donna la loi. Ainsi naquirent les premiers hommes sur la terre.

Alors que la vie se développait, apparurent d’innombrables plantes et animaux, nés du sein même de la déesse, la terre mère. Les Sidhae et certaines races primordiales se prirent d’amour pour la nature et la forêt des origines et en devinrent les gardiens. Au commencement du monde, les alfes et leurs cousins Sidhae l’emplirent de leurs chants et de leur sagesse.

 

Ainsi était le monde lors de son éveil, au commencement. Il était alors unique, aucune frontière ne séparant ses composantes. Les dieux marchaient parmi les hommes. Le temps n’existait alors pas et le grand cycle était encore en sommeil. C’était un âge d’abondance et de beauté qui devait être immuable. Nul excepté Murann ne savait que cette constance du monde pouvait causer sa perte et qu’il fallait lancer le Cycle.

Aux marges de la réalité, l’hors monde était toujours là. La réalité y redevenait virtualité, créant à leur limite paradoxes et chaos. Le monde à cet endroit eut comme un réflexe, une nécessité impérieuse de revenir au Grand Tout, à l’infini des possibles. Cette influence, cette volonté s’instilla dans l’esprit de certains dieux, notamment ceux qui avaient hérité de la nature chaotique des géants. Mais les premiers à être touchés par cette volonté impérieuse furent les géants eux-mêmes. Animés par ce but inconscient, ils furent unifiés par le premier et le plus puissant d’entre eux : Ymör.

 

Alors débuta la Première Guerre. Elle fut d’une telle violence que le monde en changea pour toujours. Les batailles furent si terribles que des montages immenses émergèrent au milieu de la grande forêt primordiale. L’eau s’insinua dans les terres, créant fjords, îles, détroits et isthmes. Des tempêtes d’une puissance colossale se déclenchèrent, des ras de marée gigantesques engloutirent des régions entières, et des éruptions volcaniques titanesques secouèrent le monde.

 

Au début, les dieux n’étaient pas préparés à cette violence. Mais rapidement, leurs instincts guerriers, jusqu’ici en sommeil, firent surface. Tyuranad était le dieu de la guerre et des arts. Lui et son fils, le dieu artisan Mjörd, père des nains, forgèrent les premières armes. Il apprit également l’art de la guerre et la fabrication des armes aux Alfes. De leur côté les géants disposaient de la puissance des éléments primordiaux et certaines des races engendrées avec les dieux s’étaient jointes à eux, animés de la même volonté destructrice et chaotique.

 

Les géants eurent le dessus. L’une des raisons était que Tyuranad, le plus redoutables des dieux, était accablé de tristesse alors que Mara, la jeune et fougueuse déesse rouge, avait repoussé ses avances. Accablé de tristesse, Tyuranad oublia son rôle de gardien, et baissa la garde. Ymör parvint jusqu’à l’arbre de vie et lâcha sur lui sa fille, Oichè, la vipère dragon. Celle-ci planta ses crochets dans Imraën. L’Arbre de vie se flétrit alors et mourut, se desséchant des racines au bout des branches. Danu hurla de terreur et de rage, puis s’étiola, tombant dans un sommeil sans fin, son corps prenant l’apparence de la vieillesse et de la maladie. Les dieux fous de rage s’enfuirent. L’âge d’or avait pris fin.

 

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Je n'ai pas le temps de lire / commenter en détails ce soir mais je ferais ça dans la semaine ;-)

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J'ai lu attentivement la partie mythologie, un peu plus distraitement la partie "histoire"... J'aime ! Je ne sais pas si c'est voulu mais ça me fait grave penser à la théogonie grecque d'Hésiode. Les autres mythologies je connais moins (pour le moment), donc je ne saisi pas toutes les références et inspirations mais ton texte me parle ! Mise en ordre du monde, naissances des divinités... Vraiment si tu avais dit que c'était un vrai mythe d'un quelconque peuple indo-européen je t'aurais sans doute cru ^^

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C'est vraiment très bon. Le côté descriptif n'est pas un souci, au contraire ça peut même être utilisé à bon escient : par exemple, un conteur qui raconte l'histoire ou un érudit/druide qui parle à ses apprentis.

 

Allez hop, la suite du fluff, des règles, des figs et un KS :tongue:

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Beau courage de nous montrer tes créations. Comme tu le dis en préambule, les mythologies viking, celte et germano-Tolkienne s'entremêlent gaiement dans le chaudron d'Eran :smile:

Si je regrette, personnellement, d'y retrouver les elfes "premiers-nés-tout-beau", les nains "c'est-de-la-roche-pas-beau-cachez-vous" et les humains "derniers-nés-avec-choix", je suis très content d'y croiser ta version de Cernunos, Ymir ou Yggdrasil.

J'aime beaucoup également les copulations croisées des dieux et géants, c'est bien dans l'idée que je me fais d'une création foisonnante.

J'attends maintenant de voir comment tu vas traiter la mort et le monde des ténèbres.

 

Une petite remarque d'écriture en passant :

il y a une heure, Egill a dit :

Enfin, ils se regardèrent l’un l’autre et elle l’étreint telle une amante, et il retrouva puissance et fougue.

Ne devrais-tu pas plutôt écrire : "il trouva (enfin^^) puissance et fougue ?

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Et bien merci pour ces premiers retours si vite (je n'en attendais pas tant!). En plus vos retours sont positifs, c'est très encourageant.

 

 

Citation

par exemple, un conteur qui raconte l'histoire ou un érudit/druide qui parle à ses apprentis.

La partie mythologique que j'ai commencé à vous donner est la plus romancée... Le gros des textes que j'ai écris concerne des descriptions beaucoup plus austères de peuples et de régions géographiques... 

 

Citation

Si je regrette, personnellement, d'y retrouver les elfes "premiers-nés-tout-beau", les nains "c'est-de-la-roche-pas-beau-cachez-vous" et les humains "derniers-nés-avec-choix",

J'ai longtemps hésité (et c'est pas fini) pour épurer mon univers de ces éléments vraiment liés à une fantasy ultra classique. Mais j'ai beau essayer d'imaginer autre chose, je reste vraiment attaché à ces concepts. Déjà parce que pour moi ces créatures sont d'essence divine, elles ne peuvent être décrites sur le même plan que les hommes qui restent, forcément si l'on veut s'inspirer de mythologies humaines, au centre de l'histoire. D'ailleurs cette vision tolkienienne de ces races est assez proche de ce qu'elles sont dans la mythologie nordique. Evidemment, là je suis très très proche de Tolkien. Mais c'est ce que je disais en préambule: j'ai du mal à m'en départir, parfois malgré moi. 

 

De la même manière, j'essaye au maximum de créer un univers, et là clairement aussi pour rompre avec Tolkien,  bien plus païen. Mais force est de constater que je suis de culture judeo chrétienne que je le veuille ou non, que certains des principes de cette culture restent pour moi des repères moraux et que c'est vachement chaud de s'en départir, même quand j'essaye!

 

 Du coup vous verrez que j'ai pas pu m'empêcher d'introduire des créatures malveillantes qui sont plus judeo chrétiennes que païennes dans l'idée, même si là encore, rien n'est définitivement arrêté. C'est aussi parce que j'aime cette idée, dans le contexte d'un univers med fan, pour l'ambiance et les enjeux dramatiques qu'elle présente, d'une menace latente que font peser des forces malveillantes à l'oeuvre. Ceci dit j'essaye au maximum de les nuancer et d'y ajouter une ambiance païenne, où les enjeux ont d'avantage trait à la fertilité/stérilité, création/destruction, ordre/chaos plutôt qu'à une opposition bien/mal.

 

Et puis ce serait faire erreur de penser que les civilisations païennes n'avaient pas de notions de bien et de mal, mais elles en avaient pas la même idée.

 

Citation

je suis très content d'y croiser ta version de Cernunos, Ymir ou Yggdrasil.

Oui, certaines de mes inspirations sont assez transparentes et c'est voulu: ce sont des concepts que j'aime beaucoup dans les mythologies qui me servent d'inspiration.

 

Citation

Allez hop, la suite du fluff, des règles, des figs et un KS

J'ai fait quelques dessins et une grande carte déjà... J'essayerai de les scanner à l'occasion.

 

Et dans mes rêves les plus fous, @Rémy Tremblay sculpterait toute une gamme de fig dans le même style que Blood Rage :biggrin:

 

Par contre pour la création ludique, je pense qu'avec mes deux parties de MAssive Darkness en 2017 (et c'est tout, pas d'autre jeu pratiqué) je suis très mal placé.  

Modifié par Egill

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il y a 42 minutes, Egill a dit :

Ceci dit j'essaye au maximum de les nuancer et d'y ajouter une ambiance païenne, où les enjeux ont d'avantage trait à la fertilité/stérilité, création/destruction, ordre/chaos plutôt qu'à une opposition bien/mal.

La tu m'accroches! 

Je prendrai le temps de lire tout ça :)

Merci du partage.

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J'ai lu tout ça. On prend une bonne claque dont le souvenir sur la joue ne demande qu'à perdurer .

Certes on retrouver effectivement beaucoup d'influences, mais elles sont bien menées, bien articulées et la création du monde se fait (pour le lecteur hein) fluidement.

Vivement la suite. Je suis venu tard sur la fantasy , préférant de loin la SF, mais je ne demande qu'à découvrir ton monde. :)

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Ca va pas de réveiller les vieux et de leur filer du pavé à lire ?

T'as du bol que ça soit miam, tieng.

 

Il y a 13 heures, Egill a dit :

Enjoy! (ou pas).

Ca dépend. On peut avoir la souite ? Non parce que là ça donne envie ce mélange.

Déjà de lire la suite mais aussi... tu as prévu des règles ou des listes ?

Non parce que j'ai des stocks en Celtos par exemple dans un coin. Des zoneilles des bois typés "cocu comme un cerf" et des trucs dans le genre qui prennent la pousque en attendant que je me colle à une armée ou trois qui fleurent bon "légendes celtiques". Et aussi du Saga scoto-irlando-ouikingue entre sagas et tuatha de danann parce que pour moi Saga est un jeu qui fleure le fantastique (oui, bon, grands esprits, toussa...). Bref, je trouve ton bébé tout à fait à mon goût (mais bon, on me connait : je suis enthousiaste six mois en avançant comme une limace dans le sirop puis dès qu'un truc qui sent bon me passe sous le pif, je change pour le prochain projet avec plein d'entrain pour ne ressortir les trucs que quinze ans après..).

 

Il y a 13 heures, Egill a dit :

Ceux là je vous les épargne pour le moment.

Faut pas, ça renifle le supplément JdR ta description, ça donne envie.

 

le squat

bref, bon, miam, quoi

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Et c'est bien écrit, ça aide. Très sympa comme univers.

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Merci pour vos retours! Content que ça vous plaise.

 

Je met la suite ce soir.

 

Par contre, j'avais pas vu qu'il y avait une section "récits et poésie" sur le forum, ça aurait pas plutôt sa place là bas?

 

Citation

tu as prévu des règles ou des listes ?

Non, la seule déclinaison ludique à laquelle j'ai songé, c'était plutôt en JDR. Et n'ayant pas la moindre véléité de publication, j'avais pensé repomper un système que j'amais bien (celui des Ombres d'Esteren avait retenu mon attention).

 

Citation

Faut pas, ça renifle le supplément JdR ta description, ça donne envie.

J'vais finir avec la partie mythologique d'abord.

 

Mon soucis est que ce qui s'est passé entre la partie mythologie et "le temps présent" de l'univers, c'est pour le moment une des parties les moins abouties... jamais réussi à pondre quelque chose qui me satisfasse.

 

Du coup si vous êtes preneurs, je peux embrayer ensuite sur de la description des Eredens, une des cultures principales, sinon la principale, d'Eran. J'ai un gros morceau sur la description géographique d'Ereinor aussi, là où lesdits Eredens habitent, mais hors contexte (et surtout sans carte, la seule que j'aie étant dessinée à la main), je sais pas trop ce que ça peut donner. 

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Envoie, on verra bien.

Mais, là, je suis déçu, plus de hype, yaura pas de jeu de pitou sur Eran...

 

le squat

cyclothymique

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J'aimerais bien! Mais comme je le disais, je joue très très peu aux jeux de fig. C'est pas que j'aime pas, c'est que j'ai pas le temps et qu'il y a pas beaucoup de camarades de jeux dans les coins.

 

Il suffirait de repomper un système là aussi... le ks de Legends of The Fabled Realms, qui a l'air de mêler escarmouche et éléments rolistiques, m'a bien attiré l'oeil l'année dernière. Comme j'ai pledgé, je verrai ce que ça donne, et pourquoi pas finalement une "eranisation"....?

 

 

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A la limite pas un jeu.

 

Si ton truc c'est le background et la peinture, bha fait un bouquin sur l'univers avec quelques figurines/bustes en rapport avec le dit univers et voilà ! :smile:

 

On est pas tous joueurs, ça te corresponds plus... j'dis ça, j'dis rien ...

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Ou un blog (voire un site si tu "touches" en info) où tu compiles textes et photos (voire les dessins si tu en fais). J'y pense moi-même pour un univers que je développe. Au moins, c'est facilement consultable, éditable et avec une bonne barre de recherches sur le côté facile à utiliser pour les visiteurs. Autre avantage, si d'autres veulent te filer u coup de main, tu peux ajouter leur travail au tien.

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Très sympa comme lecture , ça glisse tout seul. Même si les références à la mythologie nordique sont prépondérantes et classiques , ça passe bien pour celui qui cherche un univers pas trop foufou et se basant sur des classiques. Ou pour quelqu'un qui n'y connait rien à cette mythologie et qui la découvre ici c'est très clair je trouve. J'ai lu des textes de poètes skalds qui sont assez imbitable. Toi au moins c'est tout l'inverse.

L'avantage avec ta créations c'est que le moindre ajout très original sortira vraiment du lot.

Je sais très bien que créer quelque chose de jamais vu ailleurs est ultra difficile voir impossible car trop déstabilisant.

Ici, on est dans les clous et comme je disais au début , ça glisse tout seul.

Bien curieux de lire la suite.

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Citation

J'ai lu des textes de poètes skalds qui sont assez imbitable. Toi au moins c'est tout l'inverse.

Sauf que si je m'en inspire, il ne s'agit absolument pas de la mythologie nordique hein! C'est de la fantasy....

 

Citation

L'avantage avec ta créations c'est que le moindre ajout très original sortira vraiment du lot.

Je ne cherche pas l'originalité à tous prix. Pour moi ce qui fait l'essence de la fantasy, c'est justement de s'inspirer de mythes anciens. Les univers dit originaux me laissent souvent de marbre.

 

Ceci dit, je ne connais pas beaucoup d'univers qui reprennent réellement ces sources d'inspirations en fait. Mais je ne vais pas repartir sur cette idée reçue que ce type d'univers est ultra vu et revu alors que finalement, j'arrive même pas à en compter sur les doigts d'une seule main.

 

Même Tolkien, pour la création du monde, en bon catholique qu'il était, s'est largement éloigné des mythologies anciennes pour faire un truc beaucoup plus Chrétien.

 

Citation

Je sais très bien que créer quelque chose de jamais vu ailleurs est ultra difficile voir impossible car trop déstabilisant.

Il faut garder à l'esprit que dans ce monde grouillant et grouilleux, des pingouins comme vous et moi qui s'improvisent créateurs de monde, il y en a à la pelle. Faire réellement original aujourd'hui, c'est quasiment impossible.

 

Et ce n'est pas le problème d'être déstabilisant, le problème est que créer quelque chose de jamais vu ailleurs ne m'intéresse pas. Comme je le disais, mon but est de regrouper dans un univers tout ce qui me fait triper dans l'Histoire, la mythologie et la fantasy.

 

 

Modifié par Egill

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il y a 24 minutes, Egill a dit :

Comme je le disais, mon but est de regrouper dans un univers tout ce qui me fait triper dans l'Histoire, la mythologie et la fantasy.

 

 

Et ça , c'est l'essentiel ^^

Modifié par GeyseR

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Je viens de tout lire et j'aime beaucoup, je suis très amateur de ce genre de mythologie, ça fonctionne super bien et ta façon d'écrire s'accorde bien, j'ai passé un bon moment du coup, j'attends la suite, merci :p

 

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Suite et fin de la partie mythologique. Là encore, y a des choses que je modifierai certainement.

 

 

L’Age du chaos :

 

Le règne d’Ymör précipita le monde dans un nouvel âge. Le monde menaçait alors de revenir au chaos des origines. Les races primordiales vivaient cachées ou sous le joug des géants. Il tenait la déesse captive et l'avait enfermé dans les restes flétris de l’arbre monde. Ses fruits n’émettaient plus qu’une pâle lueur plongeant le monde dans un éternel crépuscule.

 

Un terrible hiver tomba sur les terres alors que la déesse était retenue captive et était devenue stérile sans l’Arbre de Vie. Les autres dieux s’étaient réfugiés dans les domaines de Cernios, les seuls à être demeurés libres. Ailleurs, les géants semaient chaos et désolation. L’hors monde gagna du terrain, menaçant de faire retourner la réalité au Grand Tout. Violence, destruction, mort et stérilité régnaient en maître. Sans les énergies vitales de l’Arbre Monde, la puissance des dieux s’en était allé et ils demeuraient impuissants.

 

Tyuranad, devant l’ampleur de son échec et de sa responsabilité devant la fin de l’âge d’or, s’enfuit, fou d’horreur, et on ne le revit plus pour longtemps.

 

Les premiers hommes étaient sous l’emprise des géants. Ils étaient terrorisés et isolés, esclaves des caprices des êtres chaotiques. Certains dieux, ceux qui partageaient la nature chaotique des géants du fait de leur ascendance, se créèrent de nouveaux domaines aux limites de la réalité. Leurs royaumes reflétèrent la folie et les énergies destructrices de l’âge du chaos. Il s’agissait d’Atumn’arch, les enfers, où résident les esprits qui furent engendrés durant cet âge, attirés depuis l’hors monde.

 

Certains dieux et déesses y virent l'occasion de s'y tailler des royaumes où ils pourraient assouvir leurs caprices et asseoir leur pouvoir loin de l'ordre voulu par les dieux primordiaux. Arha comptait parmi les plus puissants d'entre eux, ainsi que Wörg ou encore Nilfgar ou Oichè. L'essence de ces dieux fut profondément altéré par le chaos. Ils incarnèrent alors des forces néfastes, la destruction en tant que fin, et devinrent par conséquent des éléments de déséquilibre au sein de la Création.

 

Les plus puissants d'entre eux étaient les Farmaigh. Au nombre de sept, ils étaient de puissants esprits du monde souterrain. Ils incarnaient la tyrannie, la violence et la cruauté. Ayant capturé nombre de géants, ils leur avaient dérobé leurs secrets et leur savoir, apprenant à maîtriser les éléments primordiaux dans leur intérêt, violant les équilibres naturels de la Création.

 

L'acte le plus vil qu'ils comirent durant l'âge du chaos était la capture de Tyuranad. Le dieu n’était plus que l’ombre de lui-même. Afin de le briser définitivement, les Farmaigh lui infligèrent mille tourments. Ils lui tranchèrent les bras et lui arrachèrent l’œil droit. Finalement, devenu fou de douleur et de tristesse, ils le relâchèrent, corps mutilé et brisé destiné à humilier les autres dieux.

 

Il erra longtemps au milieu de la folie. Mais l’espoir demeurait. Irnya perçu les tourments du dieu et pleura d’innombrables larmes qui se répandirent à travers les cieux devenus noirs et ténébreux. Leur éclat demeura et ainsi naquit la voûte étoilée. La déesse blanche se mit en quête de Tyuranad, car elle et Murann avaient un plan.

 

Entretemps, les joyaux de l'âge d'or avaient fini par s'éteindre et le monde était plongé dans les ténèbres. L'hiver recouvrit les terres et les glaces enssérèrent le monde. Les créatures vivantes moururent ou furent réduites en esclavages par les géants et les dieux infernaux.

 

Le seul espace de paix demeurait ce qui restait de la forêt des origines. Plongée dans les ténèbres, seule la magie de Cernios et la veille des alfes et des cornus lui permettaient de survivre. Depuis cet âge, les deux races primordiales se vouent une grande amitié.

 

Des créatures abjectes rodaient en lisière des bois, et la guerre menaçait de s’étendre dans le dernier domaine de paix. Avec l’aide de Cernios et de ses enfants, les alfes tissèrent des charmes et des enchantements afin de protéger ce qu’il restait de la forêt primordiale de la longue nuit, qui pétrifiait le reste du monde dans un éternel hiver. L’espoir revint au cœur des défenseurs lorsque les étoiles d’Irnya s’allumèrent dans le ciel.

Mais le règne des Farmaigh fut terrible. Ils modifièrent la terre selon leurs caprices, enfantant des monstres abjects en capturant l’âme de ceux qui étaient tombé et qui n’avaient nulle part où se réfugier dans un monde qui ne connaissait pas encore le cycle de la vie et de la mort. Spectres et revenants se mirent à hanter le monde. Les Farmaigh réduisirent en esclavage une partie des premiers hommes dont l'hubris les avait poussé à s'allier à eux. Ceux qui leur échappèrent s'enfuirent d'Eran dans les immensités orientales et on ne sait ce qu'ils devinrent.

 

Pour ceux qui étaient tombés entre leurs griffes, ils stimulèrent ce qu’ils avaient de pire en eux et il en résulta la race des morogs composée de créatures à l'apparence aussi diverses que le chaos qui les engendra, dont la seule raison d’être est la violence et la destruction. Avec leurs nouvelles hordes monstrueuses, les Farmaigh prirent le dessus dans la guerre qui les opposait aux géants.

 

Irnya finit par retrouver l’âme mutilée et tourmentée de Tyuranad. Métamorphosée en grand oiseau blanc, elle le prit sous son aile et l’emporta jusque dans le domaine de Cernios. Là, Mùrann tenta de guérir ses blessures mais sans la Déesse mère Danu, ses pouvoirs de guérison restaient limités. Cependant, Mùrann était rusée et maîtresse des arts secrets. Alors que les Farmaigh lançaient leur assaut contre le palais d’Ymör, elle prit l’apparence d’une corneille noire et parvint à dérober un des derniers fruits de l’arbre de vie.

 

Elle parvint à le faire avaler au corps meurtri de Tyuranad. Son orbite vide s’alluma alors d’une lumière éclatante. Son corps brisé fut ranimé. Mjörd, son fils, lui avait fabriqué une paire de bras d’argent qu’il fusionna à ses moignons. En absorbant ce qu’il restait de la vie de l’arbre cosmique, Tyuranad avait acquis une force et une sagesse hors du commun. Rayonnant il se releva. On avança son char d’or. Aux côtés de ses frères Cernios et Thurdanad, il prit alors sont envol à travers les cieux, menant les dieux dans une grande chasse. C’est ainsi que depuis l’Est, pour la première fois, on vit le soleil se lever. Sa lumière frappa la terre, dégelant le sol, détruisant les morts vivants, terrorisant les hordes de morogs.

 

Au cœur du royaume des géants, la terre trembla, Ymör, apeuré se tourna vers les restes d’Imraën. Au dessus de lui, des orages noirs de colère s’amoncelèrent. Thurdanad était sortis de la torpeur dans laquelle il était plongé depuis la disparition de DAnu. Il abattit les restes flétris de l’Arbre de vie qui volèrent en éclat.  A sa place, une jeune pouce, vivace et verte de vie crût soudain. Devant la stupeur d’Ymör, l’arbre devint immense, étendant ses branches pleines de vitalité à mesure que la lumière de Tyuranad augmentait et s’approchait. Le dieu du soleil abattit le roi des géants de sa lance. Son sang irrigua la terre, la régénérant. Danu émergea, rayonnante et magnifique, de l’écorce du nouvel arbre de vie.

 

Le monde fut bouleversé. L’essence du roi des géants ainsi que les pulsions chaotiques de son peuple furent mêlées à la terre et la remodelèrent. Danu devint une déesse aussi colérique que bienveillante. Le plan de Mùrann s’accomplit alors : la roue du destin l’avait voulu.Le cycle de la vie débuta. Il était nécessaire pour que le monde et le cosmos puissent perdurer. Destruction et mort étaient nécessaires et bénéfiques s’ils s’accompagnaient de la vie et de la fertilité. Les seconds hommes, où hommes de bronze, s’éveillèrent au moment où la déesse reprenait vie également. Ils seraient des mortels, mais leur destin, et celui des autres à venir, serait de perpétuer l’équilibre du monde. C’est depuis lors que la nature devint aussi belle que cruelle, aussi destructrice que créatrice.

 

Des premiers hommes qui n’avaient pas été changés en morogs, nul ne sait ce qu’il advint.

 

Tyuranad, régénéré et resplendissant, pourchassa les farmaigh affaiblis de son ire. Il les chassa jusque dans leur domaine ténébreux d’Atumn’arch. Ils furent accompagnés par les géants du feu et du givre. Tyuranad, Thurdanad et Cernios séparèrent alors les mondes. Ils régnèrent chacun sur une des trois parties. Cernios devint roi du monde souterrain, Thurdanad roi des cieux, et Tyuranad roi du monde des hommes. Les démons de l'hors monde et leurs suivants furent confinés dans l’Atumn’arch. L’Arbre de vie servit de nouveau de pilier central. Le dieu solaire captura deux dragon, des jumeaux, qui furent vaincus et soumis par Tyuranad pour veiller sur les racines de l’Arbre Monde. Buvant leur sang, le dieu solaire acquis leur force et leur savoir, le rendant orgueilleux et fier. Le dragon devint son emblème.

 

La séparation des mondes eut une autre conséquence : la création s’extirpa définitivement du chaos des origines. Une frontière apparut entre ce monde et l’autre. Les dieux ne purent plus arpenter directement le monde des hommes , tout comme les démons d’Atumn’arch. Ils eurent donc besoin que les mortels régénèrent leur pouvoir afin qu’il ne quitte pas le monde et que celui-ci ne bascule pas dans l’entropie. C’est pourquoi encore aujourd’hui, les mortels sacrifient aux dieux et leur font des offrandes pour garantir l’équilibre du cosmos. C’est également pour cette raison que les dieux prirent des formes proches des hommes, suffisamment tangibles pour être facilement appréhendées par ceux qui s'en remettent à eux. Et les hommes mortels devinrent des jouets sur l'échiquier divin, soumis aux caprices et aux manipulations des forces primordiales qui avaient donné naissance au monde.

 

La plupart des races primordiales furent également confinées dans l’Autre monde. Celui-ci était séparé en deux : d’un côté le monde souterrain, où séjournent les âmes des morts et les cieux, où vont les âmes des héros. Cet Autre Monde est également la demeure des dieux. Il est un souvenir de l’âge d’or, recelant des merveilles, et de l’âge du chaos, abritant des lieux sombres et sinistres. Les Nains et les Sidhae existaient quant à eux dans les deux mondes, mais leur pouvoir et leur influence étaient destinés à s’étioler peu à peu, tiraillés entre la création et l’autre monde.

 

De la race des géants, seuls les Völnirr, les géants de pierre, purent continuer à arpenter la réalité. Leurs cousins regagnèrent la frontière qui sépare la réalité de l'hors monde, ne s'aventurant dans le monde des hommes que lorsque l'attention des dieux est détournée. Aux côtés des créatures infernales, ils incarnent les principes chaotiques qui menacent de tirer de nouveau la réalité vers la virtualité. Ils arpentent encore le monde des hommes mais le font cachés du regard vigilant des dieux , Thurdanad et Tyuranad en particulier, qui leur vouent une haine farouche. D'autres avaient dégénérés et devinrent les trolls, créatures hideuses hantant les lieux sauvages d'Eran. Les Völnirr, quant à eux, alliés aux nains, étaient les seuls à ne pas avoir rejoint Ymör lors de son assaut. Ils purent continuer à arpenter le monde des hommes et furent même l'une des races prédominantes dans les temps anciens.

 

Tyuranad, une fois tout ceci accompli, donna la loi aux hommes. Cette loi est simple : maintenir l’équilibre. Pour cela la part sacrée que le destin avait conféré à chaque homme et femme à la naissance par l’intermédiaire de Murann et de ses filles les Disirs, les déesses tisseuses qui veillent sur les hommes, devait être protégée. Celui qui s’en montrerait indigne devrait le mériter de nouveau. Neuf hommes et femmes furent alors instruits par les dieux afin qu’ils perpétuent parmi les leurs les savoirs anciens et qu’ils guident l’humanité. Ils fondèrent ainsi la communauté des Daemors, sages, magiciens et prêtres à la fois. Pour entretenir le souvenir des temps anciens, Thurdanad donna aux hommes l’hydromel sacré qui inspire les poètes.

 

Tyuranad, dont la renaissance lui permettait plus que les autres dieux de rester proche de la réalité était censé être leur roi. Mais il se sentait encore coupable de la fin de l’âge d’or. C’est pourquoi il refusa de nouveau l’amour d’Irnya, le cœur plein de tristesse. Il jura qu’il entreprendrait une veille perpétuelle, patrouillant dans ce monde et dans l’autre, chassant les démons d’atumn’arch afin que l’équilibre puisse perdurer. Il désigna neuf hommes et femmes pour détenir la royauté, et ainsi garantir l’harmonie entre la terre et les hommes. Chacun des premiers daemors s’associa avec l’un de ces souverains.

 

Puis il commença sa veille. C’est ainsi que commença le cycle des jours, quand le soleil parcourt les cieux, et le cycle des nuits, quand Tyuranad parcoure le monde souterrain. Là, il affronte les démons et les géants qui tentent de s’extirper d’Atumn’arch et de l’hors monde. La fureur de la bataille et le sang de ses ennemis le régénèrent alors et il peut revenir victorieux et rayonnant chaque matin. Mais lors de ce passage dans le monde souterrain, les ténèbres s’emparent de nouveau du monde. Irnya, ne pouvant abandonner Tyuranad, le suivait dans sa course à travers les mondes. Ne pouvant se résoudre non plus à laisser le monde dans les ténèbres, vide de joie et de vie, elle fait demi-tour dès qu’elle est prête à rejoindre le soleil. Ainsi débuta le cycle de la lune et de ses phases.

 

Le monde avait trouvé un nouvel équilibre que le cycle de la vie et de la mort devait perpétuer, contrant son réflexe naturel à revenir au chaos des origines. Les dieux étaient les garants de ce cycle et de cet équilibre nouveau. 

 

Cependant, lorsque le deuxième Arbre de vie naquit, et que le grand cycle s’enclencha, le monde tressaillit sous la crainte de ne jamais retrouver l’Age d’or. De cette peur du changement et du renouveau naquit le Néant : un excès d’ordre, né d’une peur du changement et de perte de contrôle. Celui-ci était cependant tout aussi néfaste que le chaos des origines. Le monde pouvait se figer dans une éternité immuable où plus rien ne vivrait ni ne changerait dans un ordre monolithique et stérile. Comme le monde avait été réordonné, ce sont les hommes, qui en héritèrent, et leurs choix qui permettraient ou non de maintenir l’équilibre entre chaos et Néant.

Ainsi prit fin le temps des mythes.

 

Débuta alors les temps des légendes , celui des hommes et de leurs actions, la saga des héros et des hommes libres face à la tentation de l’ordre et à la menace du chaos.

 

 

 

Pour la suite, j'hésite... Soit je continue sur la partie historique, c'est à dire ce qui s'est passé entre ce temps mythologique et le temps présent, mais faut que je me sorte les doigts pour m'y remettre, parce que comme je le disais, j'ai jamais réussi à pondre un truc qui m'aille....

 

Ou alors j'attaque sur les textes dont je parlais: description géographique d'Ereinor et des Eredens.

 

Mais je vais peut-être déjà vous laisser digérer la pavasse ci-dessus.

Modifié par Egill

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J'aime bien ces mythes un peu ésotériques, magiques, oniriques presque obscurs sur certains points. Ça me rappelle aussi la création de l'univers dans la culture japonaise (même si l'histoire proprement dite diffère, l'esprit y est).

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C'est l'idée. Lorsqu'on lit les anciens mythes, on est frappé par leur aspect mystérieux, oniriques et souvent incohérents. C'est certainement du fait qu'on en a perdu le sens et que tout ça ne nous est parvenu que sous la formes de fragments. Mais j'aime l'ambiance que ça procure: un monde mental totalement différent du nôtre où le rationalisme est devenu un dogme.

 

J'ai essayé, humblement, de me rapprocher de cette ambiance, au moins pour la partie mythologique.

 

Je revenais par là histoire de partager l'ambiance musicale dans laquelle je m'immerge quand j'écris mes textes. Si ça vous dit de vous plonger un peu plus dans ladite ambiance, voilà quelques trucs que j'aime bien me mettre en fond quand j'écris ou quand je peint:

 

 

 

 

 

 

et bien sûr l’inénarrable Wardruna:

 

 

 

Modifié par Egill

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Il y a 19 heures, Egill a dit :

Mais je vais peut-être déjà vous laisser digérer la pavasse ci-dessus.

Avalé, gobé, ingurgité, mais surtout dégusté. Je vais attendre gentiment ma digestion, mais la lecture fut très agréable.

Ta vision du chaos me séduit particulièrement. Tu es loin de la description "destructrice" qu'on peut en lire à d'autres endroits. J'y retrouve certains éléments qui me plaisent dans Glorantha.

 

Ce passage :

 

Il y a 19 heures, Egill a dit :

Ils eurent donc besoin que les mortels régénèrent leur pouvoir afin qu’il ne quitte pas le monde et que celui-ci ne bascule pas dans l’entropie. C’est pourquoi encore aujourd’hui, les mortels sacrifient aux dieux...

C'est une création personnelle ou tu t'es inspiré d'une mythologie existante ? Je ne me souviens pas d'avoir lu ça (en tout cas dans des textes mythologiques).

Même Beowulf, dans mes souvenirs, n'est pas si humano-centré...

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Il y a 20 heures, Egill a dit :

Ou alors j'attaque sur les textes dont je parlais: description géographique d'Ereinor et des Eredens.

Moi ça me va bien. Et ça te laisse un peu de temps pour sortir les doigts avant que ça cicatrise.

 

Le 06/02/2018 à 13:49, Egill a dit :

J'aimerais bien! Mais comme je le disais, je joue très très peu aux jeux de fig. C'est pas que j'aime pas, c'est que j'ai pas le temps et qu'il y a pas beaucoup de camarades de jeux dans les coins.

C'est con mais faut agader ça. Parce que mine de rien, là, ton âge du chaos il m'inspire achtement.

En fait, autant MBP ne m'intéresse pas le moins du monde pour  son format et parce que son flouffe ne me va pas parce qu'il colle mal à ce que j'ai sous le coude de ma mytho greque, autant Eran pendant l'âge du chaos, là, je dis oui. Le format ne m'intéresse toujours pas mais avec un bon flouffe comme ça, là, je les vois les Dieux et Géants qui se baladent au milieu des mortels et ça me donne déjà plus envie : à défaut du format ya au moins le flouffe.

Du coup, si pour le MBR, j'étais toujours dubitatif parce uqe les gurines vont me tenter mais toujours pas le jeu, je me dis que prendre un pldege pour une adaptation MBE "chaos edition", c'est tentant.

 

le squat

faut pas me faire démarrer comme ça...

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